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La lecture du travail de M. Guittet sur le rouget du porc, est remise à la prochaine séance.

M. le Vice-Président explique les raisons qui ont retardé le Concours départemental. Les fonds destinés aux récompenses n'étaient pas parvenus. Il est d'avis que la Société examine s'il ne faut pas remettre ce Concours à une époque plus éloignée, au lieu de le maintenir à la Fête-Dieu, afin d'éviter ces retards toujours fâcheux.

Il est à regrelter que ce Concours ne puisse avoir lieu à la Fêle-Dieu, à cause principalement du Concours des machines, concours intéressant et très productif, pendant les huit jours de la foire.

M. Deperrière exprime les craintes que lui ont manifestées beaucoup de viticulteurs, au sujet de l'exonération d'impôt, qu'on peut obtenir de l'Etat, en réclamant un dégrèvement pour les terrains phylloxérés, et pour ceux qu'on replante en vignes. On craint que les terrains de troisième classe, qu'on plante généralement en vignes, ne soient bien vite imposés comme terrains de première classe et ne paient, conséquemment, un impôt bien plus élevé.

L'avis de l'Assemblée est que ces craintes n'ont pas leur raison d'être, allendy qu'il faut une loi – qu'on attend toujours – pour modifier les classements des terrains dans le cadastre, tel qu'il existe aujourd'hui , c'est-à-dire une loi autorisant la révision du cadastre.

M. Perrault-Bussigny, présenté à la précédente séance, est élu membre de la Société.

La séance est levée à quatre heures.

SÉANCE DU 28 JUILLET

Présidence de M. DEPERRIÈRE, vice-président.

La séance est ouverte à deux heures et demie. Lecture est donnée du procès-verbal de la dernière séance, il est adopté.

L'analyse de la correspondance n'offre rien d'intéres.. sant.

M. Bouchard met sous les yeux de l'Assemblée plusieurs branches de pommier atteintes d'un chancre qui détruit, à la longue, les branches les plus fortes. La contamination, qui fait des ravages à Segré, paraît venir d'Angers. Le champignon, qui produit cette maladie, a deux organes de reproduction, l'un d’hiver, l'autre d'été; ils sont visibles à l'ail nu. C'est une maladie ancienne. Pour en détruire les effets, il convient de râcler les parties malades jusqu'au bois sain, d'enlever ces organes de reproduction, et de badigeonner le tout avec du coaltar provenant des usines à gaz.

M. de Capol propose un liquide très fluide, pénétrant facilement dans le bois, s'attachant facilement sur les parties sur lesquelles on le dépose. Cet enduit sert notamment à badigeonner l'intérieur des chaudières à vapeur pour les protéger contre les incrustations.

M. Bouchard, revenant sur la question du laboratoire de chimie, qui était à l'ordre du jour de la dernière séance, croit que la solution donnée à cette affaire n'est pas la meilleure. S'il n'est pas pratique de donner à faire, à tour de rôle, aux divers pharmaciens ou chimistes de la ville d'Angers des analyses agricoles, il est peu rationnel de faire faire ces analyses au laboratoire de la Société des Agriculteurs de France, aussi bien outillée qu'il soit. La valeur d'une analyse dépend non seulement de son exactitude, mais encore des conclusions qu'elle entraîne, c'est-à-dire des conseils qu'un chimiste agricole, compétent, peut donner au cultivateur qui a fait la dépense d'une analyse toujours assez coûteuse et dont il faut savoir tirer un enseignement.

M. Bouchard croit donc que la solution est d'avoir, à Angers, un chimiste compétent en matière agricole, pouvant éclairer les cultivateurs et leur donner des consultations verbales. Il est incontestable que les chimistes des laboratoires municipaux, chargés des analyses de denrées de consommation, ne peuvent prétendre jouer ce rôle important.

M. de Capol fait remarquer, à cet égard, qu'il ne faut attacher qu'une importance très relative à l'analyse chimique des terres et bien se garder d'en déduire des systèmes de culture. Aucune analyse ne vaut la méthode expérimentale d'analyse du sol, par la plante elle-même et par l'engrais.

Le rôle de la chimie, en agriculture, est donc aujourd'hui borné, et cela d'une façon pratique et sérieuse, à l'analyse des engrais faite intelligemment.

M. le Vice-Président donne lecture d'une lettre de M. le président sénateur Blavier. M. le Président exprime le regret qu'il éprouve de voir, encore cette année, le concours départemental remis à une époque assez éloi goée. L'administration, par le retard qu'elle met à envoyer sa subvention de 1,000 francs, a occasionné tous ces ennuis. Il annonce également à la Société que cette allocation de 1,000 francs ne nous sera désormais allouée qu'à la condition de la réserver à des essais de culture dans des champs d'expérience, où sera étudiée l'action des engrais compensateurs et des graines sélectionnées.

M. Blavier est d'avis de ne pas confier à des agents salariés et coûteux ces essais de si haute importance. Il propose à l'Assemblée de réserver la somme de 1,000 fr. à des primes culturales à distribuer aux cultivateurs qui présenteraient les meilleurs résultats obtenus par lesdites améliorations culturales, dont l'importance et la valeur seraient jugées par la Société Agricole et Industrielle d'Angers. Des membres de la Société seraient chargés de la surveillance de ces champs d'expérimentation. Cette année, le concours des animaux aura encore lieu ; mais, l'année prochaine, des programmes. indiqueront comment la Société entend régler la distribution des primes culturales. L'Assemblée approuve les idées de M. Blavier. Le concours de 1888 est fixé au 22 seplembre.

M. Bouchard fait remarquer combien il est regrettable que l'administration prête l'oreille aux insinuations calomnieuses de mauvais plaisants qui ont p! étendu que, l'année dernière, notre Société avait distribué un prix de bande à un propriétaire qui n'avait amené que deux ou trois sujets. Il a été facile à notre secrétaire de prouver le contraire.

M. Bouchard, ainsi que plusieurs de nos membres, ont constaté avec peine que le nombre des animaux diminue de plus en plus dans chaque concours. Cela tient, assurément, à ce que les concours s'adressent à une trop grande étendue de territoire, et ce sont loujours les mêmes exposants qui emportent les prix. Aussi est-il question, dans les concours régionaux eux-mêmes, de faire un roulement, c'est-à-dire de choisir successivement chaque département; les primes alors seront plus élevées.

N'y aurait-il pas lieu d'opérer de façon analogue dans nos concours départementaux ?

M. Guiltet donne lecture de son travail sur le rouget du porc. Cet intéressant travail, qui nous montre que notre jeune collègue suit, avec soin, les travaux si brillants de M. Pasteur, est écouté avec la plus vive altention. Il est regrettable que, malgré les efforts de M. Guittet, aucun cultivateur de notre département n'ait voulu tenter, dans sa porcherie, l'emploi de ce moyen préservateur contre une maladie qui, dans des contrées voi. sines, fait d'assez sérieux ravages.

M. le Président remercie M. Guiltet de son intéressante communication.

Un membre de la Société prie, à ce sujet, la Société Industrielle et Agricole et ses comices départementaux d'appeler de nouveau l'attention du Conseil général sur l'indifférence et la légèreté avec lesquelles se fait le service sanitaire dans nos foires et marchés. S'il est obligatoire, pour chaque commune, de payer ce service, il est indispensable que l'examen ait lieu avec toute la précision et l'attention que réclame un contrôle aussi sérieux.

M. Guittet appelle l'attention de la Société sur une poudre qu'il a composée pour l'alimentation des animaux, et qu'il a dénommée rizéine.

La rizéine est une poudre alimentaire se recommandant par ses propriétés toniques et digestives. Elle est composée de végétaux toniques, amers et aromatiques qui la font rechercher par les animaux, chez lesquels elle excite l'appétit et la digestion, tout en donnant de la richesse au sang par le fer qu'elle contient.

Son emploi est recommandé pour les chevaux épuisés après un fort travail, les labours, les batteries ; pendant et après une longue maladie, la gourme, l'angine, la fluxion de poitrine, etc., etc.; pour les boufs de travail; pour les vaches laitières, épuisées par la production du lait et par une parturition laborieuse.

Elle est encore employée, avec avantage, pour l'élevage du poulain, du veau, du porc, du mouton ; elle donne à ces animaux la force de supporter les maladies du jeune âge.

Cette intéressante communication, comme celle sur le rouget du porc, sera envoyée aux journaux d'Angers avec prière de les publier.

M. de Capol donne, de vive voix, quelques renseignements sur la question si discutée du haut prix de la viande et développe des aperçus intéressants sur le commerce de la boucherie.

M. de Capol, après avoir étudié tous les documents qui lui ont été remis par divers bouchers, par la chambre syndicale de la boucherie de Paris, par M. Sainte-Claire Deville, par plusieurs boucheries coopératives, entre autres par celles si prospères de Montaigu et de Bullyles-Mines, a arrêté ses conclusions.

Il est et demeure convaincu que des causes secondaires influent sur la différence qui existe entre les prix de la viande sur pied et de la vente à l’étal, et qu'il est presque légitime que les bouchers fassent aujourd'hui payer la viande proportionnellement plus cher que quand la viande sur pied était à un prix plus élevé. Les bas prix

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