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Lecture est donnée d'une circulaire de la Commission ordonnatrice de l’Exposition vinicole, qui doit avoir lieu à Trieste du 9 juin au 23 juin 1888. Non seulement celle Exposition aura trait à l'examen des vins des divers pays, mais il y sera également question des appareils de vinification, de tous les systèmes de culture de la vigne, et également de tous les appareils et procédés cryptogamiques.

M. le Vice-Secrétaire dit qu'il est regrettable que la Société ne puisse, autrement, s'occuper de ces expositions internationales. En ce moment, à Bologne et à Barcelone, il y a des expositions, où figurent de nombreux appareils destinés au broyage et au teillage des chanvres. L'industrie agricole angevine aurait de grands profits à tirer des enseignements, que lui fourniraient ces deux expositions.

M. de Dampierre envoie, à la Société Agricole et Industrielle de Maine-et-Loire, un projet de tarif général de douanes. Il nous prie de donner notre avis sur les droits de douane à appliquer à quelques-uns des produits agricoles français les plus directement atteints par la concurrence étrangère. M. de Capol fait remarquer que, tout bien conçu que soit ce questionnaire, il est presque impossible, même à des hommes très compétents, de répondre sérieusement aux deux questions principales de ce questionnaire :

1° Les prix moyens de revient des produits atteints, .plus particulièrement par cette concurrence;

2° Les prix de revient des similaires étrangers.

Le droit de douane à réclamer, étant dépendant de ces deux prix de revient, la réponse au questionnaire devient difficile à préciser, d'une façon catégorique et pratique ; qu'en lous cas, l'avis d'un seul ne peut engager la Société Industrielle de Maine-et-Loire et qu'il est indispensable qu'une Commission soit nommée pour étudier ce questionnaire ou chaque question.

M. Cloquet, membre récemment élu, demande à la Société de vouloir bien lui dire, où il pourra trouver une ou plusieurs souffreuses Fogadelli. M. le Secrétaire est chargé de lui répondre.

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M. Couscher de Champfleury demande à notre Société de protester, contrele nouveau tarif de la douane anglaise, concernant les l'ins en bouteilles

Le droit actuel de 2 schellings par caisse de 12 bouteilles de vin doit être porté à 7 schellings ; c'est un droit probibitif. Il existe, en effet, des vins champanisés de Saumur qui pe valent que 1 fr. 55 la bouteille, soit 18 francs la caisse ; l'impôt nouveau de 8 fr. 75 les frappera donc d'un droit de 48 0/0 ad valorem.

Cette question intéresse vivement le commerce de Saumur, déjà bien éprouvé par une semblable mesure prise par les Etats-Unis et le Canada.

Une maison de Saumur, qui expédiait autrefois environ 600,000 bouteilles de vins dans ces derniers pays, a vu celle exportation diminuer des 11/12.

Actuellement, il n'y a plus que l'Angleterre et la Russie où nous puissions exporter ces vins Il faut conserver cet écoulement de nos rougets, du Grolot et du Gros Noir, dont sont plantés tous nos coteaux du Saumurois. Plusieurs industries, autres que celles des vins, seraient également compromises, notamment celle de la fabrication des caisses; de nombreus ouvriers se trouveraient privés de travail. A la suite de l'application de ce droit probibitif, le bois blanc a déjà baissé de 7 francs le mélre cube, en grume.

L'impôt a été voté par la Chambre des Communes et par la Chambre des Lords. Le ministre des affaires étrangères de France a menacé d'user de représailles en imposant davantage les houilles, les aciers et les bières. S'il est vrai, que devant nos premières protestations, on a cro possible une solution qui ne frapperait de ce droit de 7 schellings que les vins valant 30 francs les 12 bouteilles, il n'en est pas moins certain que l'impôt voté pour équilibrer le budget anglais est maintenu jusqu'à la prochaine session du Parlement anglais.

M. Couscher de Champfleury, propose à la Société Agricole et Industrielle de joindre sa protestation à celle de la Chambre de commerce de Maine-et-Loire et à celle du Syndicat agricole d'Anjou, dont les démarches ont été, par l'intermédiaire de la Société des Agriculteurs de

France, parfaitement accueillies au ministère et ont motivé, en partie, les résultats déjà obtenus.

M. Couscher de Champfleury est prié par l'Assemblée, de faire un rapport sur cette intéressante question; le Bureau se chargera de faire parvenir ses conclusions au ministère.

M. Deperrière a proposé, dans la séance du 14 avril 1888, à notre Société de modifier les statuts du Syndicat des Agriculteurs de Maine-et-Loire, que la Société Agricole et Industrielle de Maine-et-Loire a créé, il y a quatre ans.

Ces statuts doivent, assurément, être modifiés pour être en rapport avec la loi qui a été votée depuis par le Parlement, en 1884.

Lecture est donnée par M. Deperrière des principaux changements qu'il propose : donner un titre plus général à ce Syndicat ; dégager le Bureau du Syndicat de toute responsabilité quant au crédit accordé par les fournisseurs; nous soustraire à la nécessité des analyses chimiques et des difficultés des achats, en nous reliant directement à l'Union des Syndicats agricoles de France, institution dépendant de la Société des Agriculteurs de France.

L'Assemblée décide que le Bureau étudiera ces modifications dans une réunion spéciale, afin de présenter à la prochaine assemblée générale un projet aussi bien étudié que complètement élucidé.

Lecture est remise à la prochaine séance du règlement d'administration publique, pour l'exonération des terrains phylloxérés.

M. Perrault-Bussigny est présenté par MM. de Capol et Giffard.

M. Camille Vétault, présenté à la dernière séance, est admis comme membre de la Société.

SÉANCE DU 30 JUIN

Présidence de M. DEPERRIÈRE, vice-président.

La séance est ouverte à deux heures et demie. Lecture est donnée du procès-verbal de la dernière séance.

Le procès-verbal est adopté.

L'analyse de la correspondance ne signale aucun fait important.

M. le Vice-Président soumet, à l'attention des membres présents, des branches de pommiers atteintes d'un chancre qui compromet la végétation dans bon nombre de localités du département. M. Bouchard, secrétaire de la Société, a donné dans les journaux, sur cette maladie, quelques renseignements que les membres de la Société désirent voir insérés dans nos Bulletins.

M. le Vice-Président donne lecture d'une lettre de M. le Préfet demandant à la Société Industrielle, si elle peut et veut se charger de l'analyse chimique des terres et des engrais, analyses réclamées souvent au laboratoire départemental.

M. le Vice-Président lit la lettre que M. le président Blavier a formulée, en réponse à cette proposition. M. Blavier, par des considérations que tous les Membres présents approuvent, est d'avis que la Société Agricole et Industrielle d'Angers est parfaitement compétente pour éclairer les cultivateurs, sur les analyses qu'ils réclament. Mais il lui semble que, actuellement, le meilleur mode de procéder consisterait à adresser les subslances à analyser, au laboratoire de la Société des Agriculteurs de France. L'allocation offerte par le Conseil général de Maine-et-Loire servira au paiement de ces analyses. Ce laboratoire, magnifiquement outillé, est spécial à ce genre d'analyses qui présentent quelques difficultés pour être exactes, et faites en vue de résullats culloraux La Société Agricole et Industrielle examinera dans quelle proportion, les agriculteurs partageront les frais de ces analyses.

M. Ychon, ingénieur des mines et membre de la Société Agricole et Industrielle d'Angers, fait remarquer qu'il serait facile au laboratoire départemental de Maineet-Loire, moyennant l'achat de quelques appareils, de faire ces analyses, mais qu'il serait indispensable d'accorder une rétribution au garde-mines qui fera ces essais; que, du reste, jusqu'à ce jour, le nombre des demandes d'analyses faites à son Bureau, n'est pas assez nombreux pour devoir entraîner une organisation sérieuse de ce nouveau service qui, selon lui, devrait incomber à un luboraloire municipal.

M. de Capol fait remarquer que les analyses d'engrais devant être faites ou rapidement, ou dans un délai déterminé, il en résulte la nécessité de la présence constante de l'employé chargé d'analyses qui ne peuvent souffrir de retard ; que ces analyses réclament des éludes spéciales, en vue du résultat cultural que l'on vise; il serait imprudent de mettre ce service dans les mains d'employés du gouvernement, qui sont souvent changés et plus ou moins compétents en chimie, et surtout en chimie agricole.

M. Deperrière fait observer qu'au Mans existe up laboratoire d'analyses ayant en vue la surveillance et l'analyse des denrées alimentaires, et que ce service, qui fonctionne très bien dans cette ville, pourrait, si Angers possédait un pareil laboratoire, nous tirer d'embarras. Mais, en attendant, la solution est évidemment, comme le demande M. Blavier, plutôt à Paris que dans des analyses faites par des pharmaciens de la ville, comme il en a été question.

M. Ychon fait remarquer que le laboratoire municipal du Mans a un tarif bien moins élevé que celui du laboratoire des Agriculteurs de France.

La Société Industrielle est d'avis, puisque le nombre des analyses demandées en Maine-et-Loire n'est pas encore assez élevé pour réclamer au Conseil général les fonds nécessaires au paiement d'un chimiste chargé de ces analyses et à l'installation d'appareils spéciaux à ces travaux, d'accepter les propositions formulées par M. Blavier dans sa réponse à M. le Préfet de Maine-et-Loire.

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