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na-ye-chō') (Jinayaças); il s'appliquait spécialement

à rester assis dans le calme et avait merveilleusement approfondi

les pratiques de la fixité (samadhi). Son a-tchö-li-ye

B2)

教..

Cette dernière inter

prétation est la seule qui paraisse tenir compte du sens réel des deux termes upa et adhyaya dont est composé le mot upādhyāya. La seconde interprétation «instructeur personnel» est

ou encore «celui qui sert d'appui à l'étudiant».

une simple équivalence d'idées. Enfin, dans la première interprétation, le mot

«près

correspond à upa; le mot «recevoir» semble supposer une analyse toute factice qui extrayait de l'a long de upao le préfixe a long impliquant l'idée de retour vers la per«maintenir, diriger», on ne voit pas bien au nom

sonne, de réception; quant au mot
de quelle étymologie i intervient ici (SYLVAIN Lévi).

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1) Com.: «Ce nom signifie «victorieux (épithète du Buddha), — réputation». Sur Jinayaças, cf. B. N., Appendice II, n' 123 où ce personnage est appelé Jñanayaças. Après son arrivée en Chine, Jinayaças traduisit six ouvrages dont deux seulement nous ont été conservés (B. N., nos 187 et 195). Le Li tai san pao ki (Trip., XXXV, 6, p. 78 ro) qui nous fournit la liste de ces six ouvrages, ajoute qu'«ils furent traduits sous le règne de l'empereur Wou (559–560), dans le temple des quatre devarajas qui est

dans Pancienne ville de Tehi'ang-ngan 長安舊城四天王寺,pour le

compte du grand conseiller d'état, duc du royaume de Tsin-t'ang, Yu-wen Hou

公宇文護, par le maître du Dhyāna du Tripitaka Chö-na-je-chö 三藏襌 師闍那耶舍 (Jinayaças) (en langue des Tcheow, ce nom signifie 藏稱).

originaire du royaume de Mo-k'ia-t'o (Magadha), en collaboration avec ses

deux disciples Ye-chö-kiue-to 耶舍崛多 (Yaçogupta) et Chö-na-kiue-to 閣那 崛多 (Jinagupta)». — La traduction qui est ici proposée pour le nom de

Jinayaças, ne s'accorde pas avec la traduction qui est fournie par le Siu kao seng tchouan; elle paraît avoir été introduite ici par erreur à la suite d'une confusion qui

-

a été faite entre le nom de Jinayaças et celui de Yaçogupta qui signifie

(royez six lignes plus bas). Le Li tai san pao ki (Trip., XXXV, 6, p. 78 r° et v°) attribue à Yaçogupta la traduction de trois ouvrages (dont le n° 327 B. N. a seul été conservé), et ajoute la notice suivante: «Ces trois livres formant un total de huit chapitres ont été traduits sous le règne de l'empereur Wou (559-560), pour le compte du grand conseiller d'état Yu-wen Hou, par le maître de la Loi du Tripitaka Ye-chō-kiue-to =(Yaçogupta) (en langue des Tcheou, ce nom signifie

, «réputation — cacher»), originaire du royaume de Yeou-p'o

(?) en (Jinagupta)».

collaboration avec son condisciple plus jeune Chö-na-kiue-to

2) Com.: «Cela signifie «transmettre et donner», , ou encore «agir correctement». C'est là ce qu'on désigne par le terme a-tchö-li qui est,

(ačārya) se nommait Chō-jo-na-po-ta-lo (Jñānabhadra) 1); il avait compris tout l'ensemble de trois études

et comprenait plus spécialement le recueil de la discipline (vinayapiṭaka).

A partie du moment où Kiue-to (Jinagupta) fut sorti du monde, sa piété filiale et son respect furent uniquement sincères. Quand il eut reçu les enseignements pendant plusieurs années, le but essentiel lui fut entièrement visible. Or, considérant que dans la terre sainte de l'Inde les vestiges divins étaient encore conservés, il put aller à la suite de ses maîtres les contempler et les adorer tous. Il avait alors vingt-sept ans et avait reçu les défenses depuis trois étés. Maîtres et disciples contractèrent (ensuite) la résolution de voyager pour magnifier la Loi. Ils étaient au début dix hommes qui de compagnie sortirent du territoire.

Leur chemin passa par le royaume de Kia-pei-che (Kapiça); ils y furent retenus plus d'un an. Le roi de ce pays 1) de

«L'interprétation

lui aussi, une abréviation fautive provenant des royaumes voisins». semble dériver ācārya du causatif du verbe ā-čār (ā-čārayo) qui signifierait: faire circuler. L'explication, conforme à la véritable étymologie, tire ācārya du substantif ā-čāra qui signifie: la bonne conduite» (SYLVAIN LÉVI).

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1) Com.: «Ce nom signifie «connaissance Sur Jnanabhadra sage». (B. N., Appendice II, n° 122), nous trouvons l'indication suivante dans le Li tai san pao ki (Trip., XXXV, 6, p. 78 ro): «Le Wou ming louen (Pañčavidyā-çāstra) en 1 chapitre a été traduit sous le règne de l'empereur Ming (557-560), dans le temple P'o-k'ia de l'ancienne ville (de Tch'ang-ngan), par le maître du Vinaya du Tripiṭaka Jang-na-po-to-lo

(Jñāna

bhadra) (ce nom signifie en langue des Tcheou «connaissance sage») en

collaboration avec Chō-na-ye-chö (Jinayaças); Ye-cho-kiue-to 閣那耶舍 耶舍 崛多 (Yaçogupta) et Chö-na-kine-to閣那崛多 (Jinagupta) transmirent leurs

paroles; le çramana Tche-sien les recueillit par écrit». Nous voyons ainsi associés pour la traduction (aujourd'hui perdue) de cet ouvrage les deux maîtres Jānabhadra et Jinayaças et les deux disciples Yaçogupta et Jinagupta qui étaient arrivés en Chine tous quatre ensemble.

2) Il paraît résulter de ce texte que le Kapica était, au moment du passage de Jinagupta

manda avec instances aux maitres (de Jinagupta) de les traiter en chefs de la religion; les avantages qu'il leur donna furent aussi complets que possible.

(Jinagupta et ses compagnons) poursuivirent le voyage entrepris. Ils franchirent alors le pied occidental des grandes montagnes neigeuses ★u; c'est là certainement ce qu'il y a de plus élevé dans tous les obstacles suscités par le Ciel. Ils arrivèrent au royaume des Yen-ta (Hephthalites) 1). Dès qu'ils arrivèrent dans ces

lieux et qu'ils y séjournèrent, (ils trouvèrent) de vastes régions désertes et des habitants fort clairsemés; il n'y avait personne pour leur préparer le boire et le manger qu'il leur fallait. Jinagupta renonça alors à l'observance stricte des défenses; il employa toutes ses forces à subvenir (aux besoins de ses maîtres), et à plusieurs

(555), séparé politiquement du Gandhara, puisque les voyageurs, venant du Gandhara, rencontrent à leur arrivée dans le Kapiça un roi différent de celui qu'ils avaient dû connaître dans le Gandhāra. Un siècle plus tard, Hiuan-tsang trouva le Gandhāra et le Kapiça réunis sous un même sceptre par suite de l'extinction de la famille royale du Gandhāra; cf Documents sur les Tou-kiue occidentaux, p. 130, n. 1.

1) Pour se rendre du Kapiça à Tach kourgane, Jinagupta suivit la même route que prit quelques années après lui Dharmagupta dont l'arrivée à Si-ngan fou date de l'année 590 (cf. BEFEO, t. III, 1903, p. 439-440). Jinagupta et Dharmagupta passent tous deux par le pied occidental des grandes montagnes neigeuses c'est-à-dire qu'ils traversent l'Hindoukouch à son extrémité occidentale; ils ont donc dû faire en sens inverse le même trajet que Hiuan-tsang à son voyage d'aller; ils ont sans doute franchi la passe Shibr qui mène à Bamian. Au-delà de l'Hindou-kouch, Jinagupta arrive dans le territoire des Hephthalites; la puissance des Hephthalites fut détruite par les Turcs entre 563 et 567 (cf. Documents sur les Tou-kiue occidentaux, p. 326); il est donc tout naturel que Jinagupta voyageant entre 555 et 557, mentionne encore ce peuple tandis que Dharmagupta, qui partit une trentaine d'années plus tard, substitue au nom des Hephthalites celui du Badakchan. Au-delà du territoire des Hephthalites ou Badakchan, c'est par le Wakhâu que Jinagupta et Dharmagupta sont arrivés à Tach-kourgane. On sait que Song Yun, lorsqu'il se rendit de Tach-kourgane dans l'Udyāna, parvint lui aussi, en l'année 519, da Wakhan dans le pays des Hephthalites; mais à partir de là son itinéraire cesse de concorder en sens inverse avec celui de Jinagupta et de Dharmagupta, car c'est par le Kafiristan, et non par la vallée de Kaboul, que Song Yun atteignit l'Udyāna, puis le Gandhāra. En d'autres termes, tandis que Jinagupta et Dharmagupta ont franchi l'Hindou-kouch à son extrémité occidentale, Song Yun traversa ces montagnes dans leur partie orientale, vraisemblablement par la passe Dora qui mène du Badakchan dans la vallée de Tchitral.

reprises il traversa des difficultés soudaines; grâce au secours que lui prêta mystérieusement une puissance surnaturelle, il eut le bonheur d'échapper aux fléaux naturels et aux actes de violence.

Il traversa ensnite les royaumes tels que K'o-lo-p'an-t'o Y (Tach-kourgane) 1), puis Yu-t'ien (Khoten)2). A plusieurs reprises il endura les pluies estivales et les neiges glaciales. Après s'être arrêté là momentanément, comme il ne pouvait y développer (la religion), il n'y séjourna pas longtemps. Il parvint ensuite au royaume des Tou-yu-houen ) et atteignit aussitôt après l'arrondissement de Chan). C'était alors la première année (557) qui suivit la dynastie des Wei occidentaux 3). Quoi qu'ils eussent traversé bien des périls, leur coeur avait redoublé d'énergie; depuis qu'ils s'étaient mis en route leurs pérégrinations avaient duré trois ans quand ils arrivèrent là. De dix hommes qu'ils

1) Sur le pays de K'o-lo-p'an-t'o, voyez BEFEO, t. III, 1903, p. 398, n. 3 et Documents sur les Tou-kiue occidentaux, p. 124—125.

2) Cf. BEFEO, t. III, 1903, p. 393, n. 9.

3) Au moment du passage de Jinagupta, la capitale des Tou-yu-houen était à 15 li à l'Ouest du Koukou-nor. Cf. BEFEO, t. III, 1903, p. 389, n. 5 et p. 390, n. 2.

4) Aujourd'hui préfecture de Si-ning

(prov. de Kan-sou).

#

le mot 後

5) L'édition de Corée que reproduit l'édition de Tokyo donne la leçon c'était alors la première année ta-t'ong (535) des Wei occidentaux". Mais les trois autres éditions des Song, des Yuan et des Ming présentent au lieu des deux mots; il en est de même dans le N° 1485 et dans le T. y. mou lou. Si on adopte cette seconde leçon, il faut traduire comme nous le faisons: «C'était alors la première année qui suivit la dynastie des Wei occidentaux». Cette date nous reporte à l'année 557. En effet, dans les deux années 557 et 558, alors que les Wei occidentaux avaient été définitivement dépossédés du trône, mais que la dynastie Tcheou n'avait pas encore osé assumer officiellement toutes les prérogatives impériales, il n'y eut pas de nien hao dans la portion de la Chine dont la capitale était l'actuelle Si-ngan fou; les années 557 et 558 ne peuvent donc être désignées qu'en disant: la première et la seconde année qui suivirent les Wei occidentaux. Il est évident d'ailleurs que la date 535 qui résulterait de la leçon de l'édition de Corée est inadmissible, car d'une part, Jinagupta n'aurait été alors âgé que de sept ans, et, d'autre part, on ne voit pas pour quelle raison il se serait arrêté près de quinze ans à Si-ning pour n'arriver à Tch'ang-ngan qu'en 559 ou 560.

étaient (au début), plus de la moitié avait péri; quatre survivants étaient tout ce qui restait quand ils parvinrent en cet endroit ').

Dans la période wou-tch'eng (559-560) de l'empereur Ming de la dynastie Tcheout, (Jinagupta) arriva pour la première fois à Tch'ang-ngan (Si-ngan fou); il séjourna dans le temple Ts'ao-t'ang☀2). Maîtres et disciples, après ce voyage entrepris pour convertir, ayant réalisé leur intention de venir, montèrent de nouveau sur l'autel pur et reçurent à nouveau les défenses au complet; leur stricte observance de la Loi devint encore plus parfaite qu'auparavant.

Se mêlant peu à peu aux gens de la capitale, (Jinagupta) apprit graduellement la langue chinoise. Alors, à la suite de son maître Cheng-ming (Jinayaças), il reçut un édit de l'empereur Ming qui les introduisit dans le jardin postérieur pour qu'ils y discourussent ensemble sur la Loi bouddhique; on leur accorda des honneurs singuliers et on leur fit des offrandes extraordinaires qui remplirent tout le palais. Ils auraient voulu faire pénétrer partout la Loi, mais ne pouvaient s'expliquer publiquement; c'est pourquoi ils exposèrent toute leur pensée à l'empereur qui, par la faveur d'un

1) Nous connaissons ces quatre survivants grâce aux traductions qu'ils firent lorsqu'ils furent arrivés en Chine; le premier est Jinayaças (cf. p. 338, n. 1); le second, Jñānabhadra (cf. p. 339, n. 1); le troisième n'est autre que Jinagupta lui-même; le quatrième doit être Yaçogupta (B. N., appendice, no. 124) qui était comme Jinagupta, disciple de Jinayaças (cf. Li tai san pao ki, Trip. XXXV, 6, p. 78 ro) et qui traduisit en Chinois trois sutras dont un seul nous a été conservé (B. N., n° 327; voyez plus loin, p. 343, n. 2).

2) Le nom de (salle de feuillage) est l'équivalent de l'expression #

qui désigne la hutte de feuillage (parṇaçāla) dans laquelle vivaient autrefois les ascètes boudhiques. Le temple Ts'ao-t'ang était placé au pied de la montagne Kouei, qui est au Sud-Est de la sous-préfecture de Hou; il se trouvait par conséquent au Sud-Ouest de la ville de Si-ngan fou. Le site dans lequel était situé le temple Ts'ao-t'ang

est mis au nombre des huit vues célèbres du Chan-si ‡AR

comme nous

l'apprend une stèle gravée en 1680 par Tchou Tsi-yi, stèle qui est conservée dans le Pei-lin à Si-ngan fou.

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