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et moy

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et carrées, servant à calculer l'étendue des champs, qui sont employées par l'auteur du papyrus mathématique. Mais cela m'entraînerait dans une investigation un peu longue et j'ai déjà assez abusé de votre patience en vous entretenant d'un objet aussi aride. Pourtant je ne puis m'empêcher de dire un mot sur la méthode employée dans le papyrus pour déterminer la hauteur et la declivité des pyramides. Cela se fait aujourd'hui très-simplement par les règles de la trigonométrie, mais aux temps des anciens Pharaons on ne peut s'attendre à cela. Cépendant on trouve dans les problèmes traitants des pyramides une idée de la méthode trigonométrique. On se proposait de trouver moyennant la base, qu'ils appellaient ucha tebt ennant la ligne oblique ascendante, qu'ils appellaient piremus 1 --), où je vois l'origine de la dénomination Trupapis,

πυραμις, une troisième valeur, nommée sekt

qui correspond à ce que nous appelons le cosinus de l'angle inclus par les deux lignes données. Ce cosinus est exprimé dans les fractions de l'aune, les schop

La base b ayant 360 aunes, la ligne ascendante a 250 aunes, - il divise la moitié de 360 c'est à dire 180 par 250, ce que fait }, }, to d'une aune; changeant ces fractions d'aunes en shop (l'aune avait 7 shop) il vient à 5245 shop pour le sekt, le cosinus de l'angle inclus.

J'ajoute qu'une pyramide de 360 aunes de base et de 250 aunes d'arête inclinée ne se laisse pas s'exécuter, parceque la moitié de la base au carré divisée par l'arête au carré doit toujours être moins que

1802 2, ce que n'est pas le cas avec

2502 • Messieurs, arrivé à la fin de mon discours, je sens le devoir de vous remercier de la patience avec laquelle vous m'avez suivi dans les détails de la métrologie égyptienne, je ne me flatte pas d'avoir pu vous inspirer un intérêt pour cette matière prosaïque, mais je serais bien content si j'ai réussi de fixer votre attention à un des livres les plus merveilleux de l'antiquité, le papyrus mathématique du Musée britannique.

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POINTES DE FLÈCHES EN SILEX DE OUARGLA.

Camp devant Tougourt, 25 Mars, 1872.

A MONSIEUR LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.

Durant la période douloureuse de l'envahissement de la France, les idées étaient naturellement portées ailleurs qu'aux recherches scientifiques, et il est probable que tous les correspondants du ministère avaient remis, comme moi à des temps meilleurs le cours de leurs études favorites.

Depuis, nous avons du entrer en expédition, sous les ordres de M. le Général de Lacroix, pour étouffer dans son foyer l'insurrection la plus formidable que les annales Algériennes aient elles jusqu'à ce jour à enrégistrer.

Depuis huit mois, notre colonne expéditionnaire a parcouru successivement les montagnes de la Kabilie, la région des plateaux du Tell, et elle vient enfin de terminer ses opérations dans l'extrême sud de la province de Constantine, au Souf, à Tougourt et à Ouargla, où elle a rétabli le calme après l'être emparé de Bou-Mezerag el Mokrani, l'un des principaux chefs de la révolte.

Mais mon but n'est point de vous faire ici un rapport sur les évènements militaires ou politiques qui viennent de se produire, et si j'ai dit quelques mots de notre expédition, c'est afin d'expliquer les circonstances qui m'ont mis à même de faire, dans l'extrême sud, certaines découvertes fort interessantes au point de vue ethnographique et archéologique.

Il y a une dizaine d'années, un archéologue anglais, M. Cristy, commençait avec moi les premières fouilles de dolmens et autres monuments de forme dite Celtique de l'Algérie, dont j'ai signalé à cette époque le résultat satisfaisant (Société archéologique de Constantine, Mémoires, 1863). M. Cristy attachait surtout une grande importance à la découverte des silex taillés ayant servi à un usage quelconque aux populations des âges primitifs. Il me montra une collection fort curieuse de ces silex, sortes de types ou modèles différents, qu'il avait recueillés un peu partout, dans ses nombreuses et lointaines explorations, en Europe, en Asie et en Afrique.

Depuis cette époque, j'ai, à mon tour, dans toutes mes courses dans la province, cherché des silex taillés; il s'en trouve en tous lieux, dans les montagnes comme dans la plaine, mais il eût fallu beaucoup de complaisance et d'efforts d'imagination pour reconstituer une forme exacte ou attribuer une destination spéciale aux fragments que j'avais vus jusqu'ici. C'est autour de Ouargla, à 200 lieues environ du littoral et au milieu des dunes de sable, qu'il m'était réservé d'obtenir un succès complet et convaincant.

Entre la ville Saharienne de Negouça et celle de Ouargla, à 4 kilomètres environ avant d'arriver à cette dernière, en traverse de grandes dunes de sable sur lesquelles brillent au soleil une infinité d'éclats de silex blancs. Naturellement, j'explorai ce quartier pendant la marche de la colonne et ou doit juger de ma satisfaction lorsque je pres constater l'existence, au pied de la dune de sable, de l'emplacement d'un ancien atelier où les silex taillés couvraient litteralement le sol sur un espace d'une dizaine de mètres carrés.

La récolte fut abondante; plus d'une centaine d'échantillons assez bien conservés étaient en ma possession. Je fis immédiatement part de ma trouvaille au Général de Lacroix, mon chef, et à mes amis, le docteur Reboud et M. le Vétérinaire Souvigny, qui glanèrent aussi des silex taillés.

Ceux là même qui souvent avaient souri et m'avaient plaisanté à propos de mes recherches de petits couteaux perdus par les anciens, étaient obligés de se rendre à l'évidence; les plus incrédules étaient convaincus en examinant cette quantité d'objets aglomérée sur un seul point, quvre palpable de l'industrie humaine et non point produite par le fait d'un hazard capricieux,

Ces silex sont généralement taillés en pointes de flèches. La dessin ce joint l'indique suffisamment, et, pour plus d'exactitude dans l'image de la forme et de la dimension, j'ai appliqué les objets eux-mêmes sur

le papier et en ai suivi fidèlement les contours avec la pointe du crayon. Le No. 1 est la pointe de flèche du type le mieux réussi, les autres sont généralement à trois facettes, c'est-à-dire presque triangulaires comme nos lames d'épée. Un côté est entièrement plat et les deux autres forment une arète plus ou moins vive et saillante dont les bords sont tranchants.

La matière est un silex blanc, souvent transparent et quelquefois teinté de rose ou de brun. Les éclats en sont nets. Des échantillons aigus, plus gros que les pointes de flèches, devaient avoir la destination d'être montés au bout de lances ou de bâtons servant d'armes défensives, tandisque les autres s'adaptaient aux armes de jet. Nous n'avons pas besoin de rappeler ici que l'arc et la flèche—mais celle ci montée en fer-sont aujourd'hui encore en usage chez les Touareg de notre Sahara central.

Les échantillons que nous possedons permettent de suivre la fabrication de la pointe de flèche depuis son extraction de la gangue jusqu'à son achèvement complet.

Sur les traces de pareilles curiosités, j'ai continué mes recherches autour de Ouargla, entr'autres au djebel Krima où les silex taillés se trouvent également.

A quel peuple faut-il maintenant attribuer ces vestiges d’un âge et d'une civilisation primitive? Faut-il les faire remonter aux Ethiopiens d'Hérodote, aux Gétules de l'époque romaine ? Les ouvrages des auteurs anciens me manquent ici pour me livrer à des recherches sérieuses et tenter de résoudre cette question. Nous allons nous borner à rappeler ce que la tradition locale, qui ne remonte pas très-haut, dit au sujet des anciens habitants du

pays. Sept grands centres de population existaient jadis auprès du djebel Krima. La contrée aujourd'hui aride et envahie par les sables, était arrosée par de grands cours d'eau, l'Oued Mezab, l'Oued Neça et l'Oued Müa, qui ne coulent plus aujourd'hui, mais dont le lit est encore reconnaissable. Toute la contrée était relativement verdoyante; des troupeaux de gazelles, des bandes d'autruches couraient la plaine, qui leur offrait alors des herbages abondants, qu'arrosaient les cours d'eau et des pluies périodiques. Et en effet, les indigènes nous prouvent la vraissemblance de cette tradition, en nous montrant à chaque pas une infinité de débris d'æufs d'autruche provenant de couvées anciennes de ces grands échassiers. Aujourd'hui c'est désert, rien n'y vit presque plus. La température se serait considérablement modifiée et aurait amené par ses conséquences, un bouleversement complet dans la nature

du pays.

La population la plus ancienne que signale la tradition locale, s'appelait les Sedrata. Quelle est l'origine de ces Sédrata ? Faut-il voir en eux la fraction des Renata, race berbère à laquelle IbnKhaldoun attribue la fondation d'Ouargla ? Je le répète, dans mon modeste bagage de campagne, je n'ai ici aucune ouvrage à consulter.

En tous les cas, les vestiges laissés par cette population sont nombreux; j'ai parcouru les ruines qui jouchent le terrain sur des espaces considérables, entre le djebel Krima et Ouargla. On voit par des tronçons de vieilles racines, que des plantations importantes de dattiers y existaient autour. Le djebel Krima qui s'élève au milieu de la plaine sablonneuse, à une douzaine de kilomètres au Sud de Ouargla, est une vaste table gypseuse d'une centaine de mètres de hauteur et d'une vingtaine d'hectares de superficie. C'est le plus bel observatoire que l'on puisse imaginer pour étudier l'horizon et la direction

que

le veut imprime aux dunes mouvantes de sable qui à l'æil, du haut de cette vigie naturelle, produisent l'effet d'autant de lames ou de vagues de la mer allant se briser contre une plage. Sauf la couleur du sable, l'effet d'optique est exactement le même et d'un aspect saisissant. J'aurais voulu assister sur ce sommet à l'une de ces tempêtes de vent et de sable qui, à deux ou trois reprises, ont envahi notre camp pendant le séjour d'un mois que nous avons fait à Ouargla. Les dunes commençaient à fumer, comme disent les indigènes, c'est à dire qu'une poussière de sable impalpable, s'élevait flottante, semblable à de la fumée, puis au bout d'un instant, le ciel devenait jaune et noir, au point de ne rien voir à deux pas de soi. Une poussière aveuglante et asphyxiante, poussée par un vent violent, ne permettait aucun mouvement. Malheur à la caravane ou à la colonne de troupes, surprises en route par de telles tempêtes Sahariennes. Il faut arrêter aussitôt la marche et attendre que le beau temps revienne. Si on n'avait ni vivres, ni eau, on serait perdu.

La table de Krima est couverte de ruines d'habitations. Les rues et les compartiments intérieurs des maisons, construites en mortier de plâtre, sont parfaitement reconnaissables ; les éclats de silex y sont nombreux, ainsi que les tessons d'une poterie rougeâtre d'une tenacité de grain extrême. Au milieu du plateau est un large puits qui n'a

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