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Nad, 50.

A.D. 1743.“ baiser la terre sainte en Negef Egeref, elle a

6s invité au même conseil les savans de Ker

belé, d'Hillé, & des dépendances de Bag“dad ; & comme il n'y avoit eu aucune tache “ dans la croyance orthodoxe jusqu'au règne “ des Sefevis, elle a voulu que les pilliers de “ la religion nettoyafsent la fontaine de la foi “ de toute hérésie, & fiflent couler les eaux

pures de la vérité, afin d'éteindre le feu de « la diffention.

“ Selon ces augustes ordres, cette assemblée “ s'est tenue dans la facrée demeure du maître " de la religion, du très-pieux Iman (à qui “ Dieu fasse paix !) où toute l'affaire a été * éclaircie & expliquée, comme il paroît par “ cette présente convention.

Profession de Foi de ceux qui désirent la " Durée du Regne de sa Majesté Nader

Chah, Docteurs de l'Iran. “ Nous croyons qu'après le départ du chef “ de tous les prophètes, le Califat descendit “ aux quatre illustres pilliers de la religion,

Aboubecr, Omar, Osinan, & Ali (auxquels “ Dieu fasse paix !), & pour lesquels il fut

envoyé du ciel ce très-excellent verset:
Dieu fut gracieux aux croyans, lorsqu'ils

firent un accord sous l'arbre, & conmut

ce qui étoit dans leurs cæurs." “ Les compagnons du prophète sont comme " les étoiles, quel que soit celui d'entre eux

Nad.:50.

que l'on prend pour guide, on est conduit A. D. 1743. “ dans le bon chemin. Nous reconnoissons que

la souveraineté légitime leur fut confirmée, & qu'ils conservèrent constamment “ l'amitié qui les unifloit ; qu'après la mort “ d’Aboubecr & celle d'Omar, le plus noble “ Matirza Ali fut consulté à leur sujet, & ré

pondit :
Ces deux Imans étoient justes; ils vécurent

& moururent dans la vérité.

Que le premier de ces Califes a dit au sujet du quatrième ; “ Vous êtes beni puisqu'Ali est parmi vous,” & qu'Omar s'est

exprimé ainsi, “ Si ce n'étoit à cause d'Ali “ Omar périroit.”

“ Nous trouvons qu'il n'est pas nécessaire “ de s'étendre davantage sur leur unanimité “ & leur union. A la fin, en l'année 906, " Chah Isinaïl publia une hérésie contre les " trois premiers Califes ; ce fut la source de " la calamité & de la ruine des vrais croyans, “ la cause de la haine entre le peuple de Ma“homet, jusqu'à ce que, par la faveur du Roi “ des rois, fa Majesté se fût assise sur le trône “ de Perse, & eût fait la proposition ci-dessus “ mentionnée, que nous, ses sujets, accep“ tâmes. Et à présent, dans la demeure sa“ crée, nous avons signé la présente déclara“tion, affirmant légitime la succession des

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Nad' 56.

quatre Califes, protestant que nous n'avons “ nulle forte de doute à ce sujet, que nous dé“ sirons ardemment la fin de tout schisme, fi « le Mufti & les docteurs de la Porte veulent “ établir la fecte de Giafar, à laquelle nous

nous confessons fermement attachés. Voilà nos opinions données dans la sincérité de

nos caurs ; quiconque s'y opposera sera en“ nemi de la véritable religion, & exposé à “ l'ire de l'Empereur du monde.”

Les savans de Negef, de Kerbelaï, d'Hillé & des dépendances de Bagdad, professèrent que

l’Iman Giafar, sur qui soit la paix du Seigneur, est très-noble, de la race du prophète, & reçu parmi les Imans de la vraie foi. Ils acquiescèrent à tout ce que les docteurs de l'Iran avoient déclaré, & maintinrent le droit des glorieux Califes ; ils ajoutèrent que ceux qui s'opposent à cette croyance s'opposent à la religion de Dieu & du prophète, & qu'ils seront punis en ce monde par le Sultan du siècle, & dans l'autre

par

l'Etre Tout

puissant.

Les lettrés de Bokhara & de Balkhe furent en tout de l'opinion de ceux de l'Iran; dont ils déclarèrent la fecte être la religion du Seigneur de toutes les créatures; disant, que qui contredit cette opinion s'écarte de la vraie foi, se prive de la faveur du prophète, reçoit

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fon châtiment à présent de l'Empereur, & A.D. 1743. dans un autre monde du Très-haut ; que cet accord n'est en nulle manière contraire à la véritable religion, que la dite secte est entierement conforme à la croyance des fidelles, &

que se tuer ou s'emprisonner les uns les autres, étant Mussulmans & frères, est entièrement criminel.

CHAPITRE X.

L'Armée royale va à Kerbalaï & à Bagdad,

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La piété de Nader Chah l'engagea à faire dorer le toit de la facrée mosquée ; à cet effet, les plus excellens ouvriers furent mandés, &, travaillant sans relâche à l'embellissement de ce toit qui touche aux étoiles, ils eurent bientôt fini leur ouvrage : ils en furent amplement récompensés, & la dépense monta à une fomme très-considérable. Les murailles de ce sacré édifice furent réparées par la libéralité de sa Majesté impératrice l'illustre Couherchad Begum, qui envoya de son

propre

trésor cent mille Naderis ; elle donna de plus un encensoir garni de pierreries, & un bassin de pur or

VOL. X.

G

8 Noveinbre.

AND: 1343. pour brûler des parfums dans la maison sainte. L'armée ensuite fe mit en marche

pour

se rendre à Kerbelaï, elle atteignit dans le commencement du mois Chaval le jardin entouré d'anges ; & pour réparer la mosquée de ce lieu, la Sultane Razia Begum, fille de Chah Hussein, fit compter par le trésorier de son serrail vingt-mille Naderis. Après cinq jours de campement, les étendards prirent le chemin de Bagdad par la route de Messaïb; ici Nader Chah, déployant encore fa générosité, fit de grands présens aux ministreş des mosquées des quatre Imans, auxquels mille faluts soient donnés ! De son côté Ahmed Pacha

envoya veau à la haute cour des dons convenables & des chevaux ; ses messagers se présentèrent à la royale audience avec les plus grands marques de respect & de vénération ; & fa Majesté fut très-libérale envers eux & envers leur maître.

Comme les commandans envoyés en Arabistan tenoient la ville de Bafra étroitement bloquée, & qu'ils s'étoient mis en possession du château de Korné, sa Majesté leur fit savoir, que, la paix étant presque faite, elle vouloit qu'ils levassent le siége, & revinssent au camp après avoir évacué les forts de Kerkouk, d'Ardebil, & de Korné, ainsi

que

les autres

de nou

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