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Nad. 56.

“ Dieu !) fut finie, chacun de ses vertueux A.D. 1749.

compagnons hazarda fa vie & sa fortune pour

étendre la véritable religion ; & leur " estimable constance leur mérita l'honneur de ce verset de l'Alcoran : “ Les plus excellens en vertus furent ceux

qui s'enfuirent avec le prophète & qui l'alistèrent.

Après le départ du prophète pour un “ meilleur séjour, le droit de succession & le

gouvernement tomba à ces grands associés,

qui conduisoient l'instruction des peuples. “ Le premier Calife fut, Ahmed Mokhtar “ Aboubecr, le vrai témoin ; le second fut, l'ornement de la mosquée, Omar Ben Kho" tab; le troisième, Osman Ebn Affan ; & le “ quatrième, le victorieux lion de Dieu, Ali « Ebn Abi Talib; ces quatres Califes mar6 chèrent dans le sentier de l'unanimité

pen“ dant le cours de leurs règnes, loin de toutes “ disputes & contentions, préservant la vérité “ intacte, & détournant toute hérésie de la “ fecte de Mahomet.

« Les Ommiades & ensuite les Abbassides, A.D. 1500. qui régnèrent après ces grands hommes, suios virent leurs traces : mais, enfin, en 906, “ Chah Ismaïl monta sur le trône de Perse; & par les infinuations des gens de lettres ! de l’Azarbigian, du Ghilan & d'Ardebil,

A.D. 1743.
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commença à attaquer les droits de ces glow “ rieux Califes, & à éloigner les cours du

peuple des honneurs qui leur étoient dus. “ll fit annoncer dans les mosquées & dans “ les chaires cette hérétique doctrine, que la “plume se refuse de tracer, & sur laquelle la • langue voudroit garder le silence.

Quand les Sunnites refusèrent d'embraffer “ces opinions, il permit aux Schütes de les

tuer, de les persécuter, & de les faire captifs, “ de manière qu'on vit des esclaves Maho“ métans vendus, & achetés en Europe, & “ dans les

pays

les plus éloignés. “ Cette calamité dura jusqu'au règne de Chah “ Hussein : alors par degrés les Turcmans “ du désert, ensuite les Afgans de Kandehar, 6 & même les Turcs & les Rusliens, ébran“ lèrent de tous côtés les fondemens de l'em

pire de l'Iran; sur lequel ils s'arrogèrent des droits, & dont ils ravagèrent les provinces.

6. Mais la volonté du Roi des rois mit dans « toute leur fplendeur les événemens, qui “ étoient cachés sous le voile de l'obscurité ; « le très-glorieux & le très fortuné Monarque,

qui, avec le pouvoir du Destin, la dignité “ de Saturne, la furie de Mars, confondit l'ex“ istence de ces rebelles, & rendit aux rois 6 des Indes & de Touran leurs diadèmes.

« Il est l'ombre du Très-haut, l'asile de

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“ tous les rois de la terre, le grand Nader A.D. 1743. “ Chah ; que le Tout-puissant préserve son “ règne! il dislipa les ténèbres qui environ“ noient l'Iran, restaura l'empire que les in“ vasions étrangères avoient démembré, &,

avec les serres de la prospérité, mit en pièces “ les auteurs des rebellions & des troubles. “ En l'année 1148, ayant rassemblé les peu- A.D. 1735.

ples d'Iran dans les plaines de Mogan, il leur ordonna de fe choisir un roi. Alors " les Persans le supplièrent d'accepter l'em“ pire ; disant, “ Ce royaume appartient de “ droit à sa Hauteffe qui nous a préservés, &

qui à délivré nos vies des griffes de nos en“ nemis, nous protégeant même contre leurs outrages." • A ces acclamations sa Hautesse répondit; Puisque les Persans me veulent

pour

leur “ souverain, j'accepte leur offre, à condition

qu'ils quittent leurs hérésies, & recon“ noissent la -légitime succession des illustres “Califes.” Cette juste demande fut accordée,

& la convention qui fut faite demeura dans " le trésor royal ; fa Majesté envoya aussitôt “ un ambassadeur à l'empereur des Turcs, “ doué du pouvoir de Saloman, qui étend le “ tapis de la fureté, qui vérifie ce facré verset, “ Dieu veut agir avec justice & libéralité,

feigneur des deux continens & des deux

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A.D. 1743. « mers, serviteur des deux cités facrées, un fe

cond Secander Zoulcarnein, avec la dignité “ de Dara & de Caikhosrev, avec des armées “ aussi nombreuses que les étoiles, & auquel 6 Dieu veuille accorder une heureuse éternité!

“ Cet ambassadeur étoit chargé des cinq

propositions suivantes : 1. “Qu'en conséquence de ce que les Persans

“ ont rejeté leurs précédentes opinions, “ & reconnu la haute dignité de Giafar, “ les hommes de lettres & docteurs Turcs “ confirment leur agrément, & con“ sidèrent leur croyance comme la cin

“ quième fecte. II. “ Que comme il y a quatre colonnes dans

" le sacré temple de la Mecque en hon“neur des quatre sectes, on en érigera

une autre pour celle de Giafar. Que comme toutes les années un chef " des pélerins est envoyé de perse en

compagnie des chefs d'Egypte & de Syrie, pour défendre les pélerins Per

sans, un autre chef de la part de la “ Porte se joindra à eux dans la même

"intention. IV. "

Que les prisonniers de chaque empire “ seront relâchés, & que le commerce s sera libre entre les deux nations.

III. "

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V. “ Que les souverains de Perse & de Tur- A.D. 1745.

quie tiendront respectivement un en

voyé à la cour l'un de l'autre, afin de " déterminer les affaires des deux em

pires, & de cimenter la paix entre eux. " La ratification de ces cinq articles auroit “ôté tout sujet de discorde parmi le peuple de

Mahomet, auroit fait vivre en paix & tranquillité les fidelles

croyans,

& cimenté l'ami“ tié entre les deux royaumes.

“ Dans ce temps-là, la Porte accorda les “ articles touchant les pélerins, l'affranchisse

ment des esclaves, & le rétablissement d'un "envoyé dans chaque cour; mais elle pria “ d’être dispensée de la confirmation de “ la secte de Giafar, & des autres de"mandes qui s'y rapportoient.

séquence, plusieurs ambassadeurs furent en

voyés d'une part avec des refus, & des ex“ cules, & de l'autre avec des argumens clairs " & convaincans. Comme cette affaire a été

en agitation pendant sept ou huit années, A.D. 1748.

celle-ci de l'Hégire 1156, l'armée royale & « victorieuse a marché en Turquie, afin « d'éteindre le feu de la contention, & d'écar“ ter toute discorde des fidelles croyans.

“ Enfin, pour délibérer sur cette importante

affaire, sa Majesté a ordonné que les doc“teurs & juges de Perse, de Balkhe, & de " Bokhara s'assemblaffent, & quand elle a été

En con.

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