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Nad. 54.

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A.D. 1741. vinces de Cabul & de Peichavcr, une ordon

nance royale dans ces termes :

" Que tous les gouverneurs, chefs, & savans “ aussi nombreux que les Cherubins, que tous “ les explicateurs des lois, les magistrats des “ cités, les pères de familles, les commandans, «

ainsi que tous les habitans de l'empire sacré, “ enfin tous ceux qui, se reposant sous l'ombre “ du palais éternel de notre empire, espèrent

en notre protection, sachent, que, dans l'anA.D. 1500. “ née 906, Chah Ismail Sefevi, ayant entraîné

“ les peuples comme des troupeaux à suivre
“ ses innovations, posa parmi eux les fonde-
“ mens de l'hérésie, que par là il ralluma la
“ haine parmi les vrais croyans, & éleva
“ l'étendard de la dissention, de manière que
« le fang des fidelles fut répandu de tous
“ côtés ; que pour ces raisons, lorsque dans la
“ grande assemblée des plaines de Mogan,
“ les peuples de l'Iran nous fupplièrent d'ac-

cepter l'empire, nous ne condescendîmes à
“ leurs désirs, que sous la condition que ces
“ destructives erreurs de Chah Ismail fuffent
“ abolies, & que la domination des Justes Ca-
“ lifes (auxquels Dieu fasse paix !) fût recon-

nue, comme elle l'étoit du temps de nos il« lustres aïeux ; qu'en conséquence nous con« sultâmes les gens de notre cour, doués de

Nad. 54.

“ savoir & d'intelligence, les éclairant par le A.D. 1741. “ foleil de notre présence royale ; qu'ils nous

informerent, qu'après la mission du meilleur “ des prophètes (sur qui & ses compagnons “ foit éternellement la grâce du Très-haut) “ tous ses successeurs dépensèrent leurs vies & “ leurs fortunes pour établir la véritable croy"ance; qu'ils abandonnèrent à cet effet amis &

parens, & supportèrent constamment toutes “ fortes de rebuts & de blâme, tant des grands

que des petits ; que par cette conduite ils “ obtinrent les plus signalées faveurs du pro“phète, & furent honorés de ce verset de " l'Alcoran, descendu exprèspour eux ;

« Les plus excellens des hommes sont ceux qui “ fuirent avec le prophète, qui l'allistèrent, & “ tous ceux qui leur font généreux;" qu'après “ la mort du grand prophète, le Califat fut l'héritage de ses illustres compagnons, de

venus guides de la religion, & directeurs de “ fes rites & ordonnances ; que le premier fut

un des deux élus, qui avoient été enfermos “ avec lui dans la cave, le glorieux Ahmed “ Mokhtar Abou Becr le Vrai (fur qui soit la

paix de Dieu !) que le second fut le grand

ornement de la chaire & de l'autel, Omar * Ben Elkhotab ; qu'à celui-ci succéda l'éclairé “ Osman Ben Afan, après lequel régna le “ victoricux lion du Trés-haut, le merveilleux

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Nad. 54.

A.D. 1941. Ali Ebn Abi Talib (à qui Dieu faffe paix !);

que chacun de ces califes préserva la plus “ stricte unanimité pendant son règne, & fut " affranchi de dissentions & de disputes ; qu'ils

conservèrent l'amitié fraternelle, & expulos sèrent l'hérésie & l'infidélité ; qu'après la

mort de ces quatre califes, les croyans con“ tinuèrent dans la concorde sur les points “ essentiels, bien que les mois & les années

eussent amené quelque changement, & pro“ duit quelques différences au sujet des jeûnes, “ des prières, & des pélerinages, le fond de la

religion étant toujours le même ; qu'enfin il n'y eut ni discontinuité ni défaut dans le pur amour envers le prophète, ses compagnons, & ses enfans, jusqu'au temps qu'Ismail Chah répandit ses erreurs : qu'en conféquence de ces instructions parvenues aux Persans

par nos ordres, ceux-ci ayant abjuré leurs hérésies, & s'étant faisis des “ bords de la robe de la révérence pour les

quatre pilliers supportant l'édifice de la

religion, nous acceptâmes l’Empire en “ cette considération, & résolûmes d'établir la “ cinquième secte de Giafar ; que nous en“ voyâmes déclarer notre dessein, dans l'espoir

qu'il seroit approuvé de la haute Majesté « exaltée au dessus des étoiles, feigneur des “ deux continens, & des deux mers, serviteur

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Nad. 54.

“ des deux cités sacrées, un second Iscander A.D. 1941.

Zoulcarnein, le protecteur de la religion avec la dignité de Dara, l'empereur des “ Turcs, dont le consentement auroit produit “ une paix & un bɔnheur durable: que depuis

que les plaines de Derbend font éclairées par nos fortunées bannières, & ornées par

nos glorieuses troupes, nous avons consulté “ sur les moyens d'achever cette grande en“treprise, & d'en rendre le succès inaltérable;

ayant entendu en pleine assemblée les opi“ nions des chefs de notre religion, & celles “ de tous les hommes savans qui étoient avec “ nous ; qu'ils ont éclairci tous nos doutes, “ entièrement écarté le voile de l'incertitude, “ & ôté tout sujet d'hésitation, en nous con“ vainquant plus que jamais, que toutes ces “ hérésies & disputes ne viennent que

de Chah “ Ismail, &

que

sans lui tous les fidelles au“roient été unis de croyance dans les points “ fondamentaux de la religion.

* A ces causes, par l'assistance du Très-haut,

nous faisons publier cette très-noble & très“ sacrée déclaration, ordonnant que tous nos

sujets reconnoissent que la légitime dignité des quatre califes n'a jamais été disputée que de

puis l'héréfie de Chah Ismail, & qu'ils y ont « des droits établis dès le commencement de “ la religion Musulmane ; nous enjoignons à

Nad. 55.

i

AD: 1742." nos dits sujets de renoncer à toute erreur

« contraire, & aux prédicateurs de ne nom

mer en chaire ces quatre califes qu'avec les “ titres qui leur font dûs ; & d'accompagner

toujours leurs noms du fouhait de la paix “ du seigneur sur eux. En outre nous vou“ lons, que le très-excellent & très-illustre “ Mirza Mohammed Ali soit le ministre de “notre volonté, & rende publique cette or« donnance dans toute l'étendue de notre do.' “mination, afin que tous & un chacun s'y s foumettent, & soient assurés que, par la « moindre opposition à notre décret, ils eno courroient la colère du ciel, & notre re“ doutable ressentiment.'

CHAPITRE VI.

Événemens de l'Année du Chien & de l'Hégire,

1155

La nuit du Mercredi quatorzième du mois
facré de Moharrem, le rayonnant soleil entra
dans son palais du Belier. L'Osmeï de l'hiver,
qui avoit opprimé les troupes de plusieurs"

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