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Nad. 53.

Naderabad, avoit été envoyé contre eux à la A.D. 1740. tête des Afgans Abadalis. Lors donc que

fa Majesté se fut reposée de la conquête de Kharezme, elle ordonna qu’un corps considérable de troupes, sous la conduite d'habiles commandans, allafsent d'abord porter dans Chirvan & dans Derbend les flammes de son ire, & les entretinssent dans de continuels combats jusqu'à l'arrivée de l'armée entière ; les Ouzbegs de Touran & de Kharezme furent aussi détachés des forces impériales, s'embarquèrent sur cette mer aux vagues de fer, & flottèrent dans l'océan de la guerre.

L'armée royale demeura deux mois en Khorasan en de perpétuciles réjouissances; enfin sa Majesté confia les affaires de cette province au prince Nasralla Mirza, &, le Mercredi vingt-sixième de Zou'lheggé au 23 Février, soleil couchant, les magnifiques bannières furent déployées pour cette nouvelles expédition.

Comme les provisions de Nichapour & de Sebzovar avoient été consommées par les Ouzbegs & les Kharezmiens, & comme cette année on ne trouvoit que peu de fourrages dans la route qu'on devoit naturellement prendre, & qu'il y en avoit abondamment dans d'autres provinces ; il fut décidé que

l'armée passeroit par Khabouchan, par Asterabad, &

VOL. X,

1741.

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A.D. 1741. par Mazenderan ; ainsi, le second du mois

Moharrem 1154, les très-glorieuses tentes furent dressées dans la station d'Aliabad Khabouchan.

28 Février.

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Événemens de l'Année de la Poule, répondant é

celle de l'Hégire 1154.

La nuit du Mardi troisième de Moharrem, après la troisième heure, le roi des rois ordonna aux trésoriers de la nature de célébrer l'entrée du soleil dans le signe du Belier, en parsemant d'étoiles d'or l'étendue argentée du firmament.

Les exécuteurs de la volonté divine couvrirent la terre d'un tapis de roses tissu d'arbustes & de fleurs, tandis que l'astre du jour, comme un glorieux sultan, s'appuyoit sur son nouveau trône.

Les bienfaisantes ondées ranimoient les roses, & leur donnoient une douce fraîcheur. L'haleine du Zéphyr agitoit la tulipe fiégeant sur le trône couleur d'émeraude de la tige, & secouoit la rosée dont fes

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feuilles étoient chargées. Le printemps, ainsi A.D. 1741. qu’un habile général, rangeoit en bataille les lis & les anemones; & l'agréable fouffle du vent du couchant chassoit les tempêtes du mois de Deï.

Cependant l'armée victorieuse dressoit ses tentes,qui ressembloient aux fleurs printanières, tantôt sur le bord des déserts, tantôt sur le penchant des collines.

Quand les troupes eurent atteint Semelkan, le temps changea, & au besoin de pluie fuccéda la disette de provisions. Pendant fix ftations, les plaines arides n'offrirent ni herbes ni fourrages ; les bestiaux mouroient de faim, & plusieurs chevaux périrent au passage des rivières. Enfin, comme à chaque saison rigoureuse en succède une favorable, & qu'il n'est nulle difficulté fans fecours, en arrivant à Cheherec Craili on trouva les bordures des plaines, semblables au giron d'une personne qui cueille des bouquets, remplies d'herbes & d'arbustes fleuris ; en ce lieu le camp auguste jouit du bien-être & du repos, après tant de peines & d'inquiétudes.

Sa Majesté, continuant sa marche à petites journées, fit ensuite dresser ses tentes victorieuses au nord de la rivière Kerkan du côté du désert, où elles restèrent jusqu'à ce que les animaux fussent recouvrés de leurs fatigues.

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A, D: 1741. Alors un messager arriva de la part des com

mandans envoyés à Giar & à Tellé ; il informa fa Majesté que les serres de la fortune & le puissant bras de la prospérité avoient totalement châtié les tribus rebelles, & leur avoient ouvert les portes de la destruction.

Ces rebelles, comme il a été déjà dit, étoient les Lekzies de Giar & Tellé, notés par leurs révoltes & leurs séditions ; ils occupoient le côté du midi du mont Alborz, une des plus fameuses montagnes du monde, & dont le sommet frappoit le firmament. Les comman

dans, envoyés contre eux, étoient arrivés le 10 Février. quinze de Zou'lheggé sur les bords de la ri

vière Kanik; à leur approche les Lekzies avoient fortifié trois places, Giar, Giarouk, & Agziser; ils avoient mis dans chacune une garnison assez considérable, non seulement pour s'opposer aux Persans, mais aussi

pour pouvoir espérer de les battre.

Les troupes royales avoient d'abord attaqué Giar, & rendu compagnons de la mort plufieurs soldats ennemis ; les autres avoient abandonné le fort, & s'étoient retirés à Giarouk. Là, après de perpétuelles escarmouches pendant plusieurs jours, où un grand nombre. des Lekzies périrent, ces malheureux furent contraints à gagner leur troisième refuge, situé sur la cime de la montagne,

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Cette place, presque inaccessible par la quan- Ax D: 1741. tité de bois & d'arbres qui l'entouroient, avoit un passage très-difficile nommé la gorge d'Agziser, où le soleil voyageur pouvoit à peine monter, & où le léger coursier de la lune ne pouvoit passer.

Ce fut pourtant de ce côté que les Abdalis avoient demandé à commencer l'attaque avant l'arrivée du corps de l'armée, & qu'ils avoient combattu depuis le matin jusqu'au foir aux dépens de la vie de plusieurs des deux partis. A minuit les soldats, soutenus d'un courage indompté, avoient commencé d'escalader les murailles, ainsi qu'une prière exaucée monte à la demeure des cieux. Les Lekzies, sans perdre de temps, faisoient rouler de grosses pierres sur les assiégeans, & laissoient tomber sur eux une pluie de flèches & de balles, fans pouvoir faire reculer les courageux héros & les empêcher de gagner terrain.

Quoique cent Abdalis eussent été ou tués blessés, néanmoins, avec l'aide de la Providence, ils avoient pris le fort; & les vaincus, voyant toute issue fermée pour eux du côté du nord de la montagne, s'étoient en grand nombre précipités du haut des monts dans la caverne du néant. Enfin tous ces malheureux avoient été ou massacrés, ou faits captifs ; leurs ha

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