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Cependant, il s'en faloit beaucoup que l'Italie fût alors aussi poëtique que le monarque Turc. Quand les Lascaris, les Chalcondyles, les Beffarion, parloient de la poësié, et de l'éloquence, on leur répondoit par des 6 chimères bourdonnant dans le vide,” par l'existence possible d'un héros, et l'existence réelle d'une puce. Les Grecs étaloient avec ardeur les beautés de Sophocle et de Pindare; les Italiens prouvoient froidement ces beautés (qu'ils ne sentoient pas) par des fyllogismes en Baroco.

Enfin le soleil chassa les nuages; le vrai savoir l'emporta sur le faux ; les syllogismes furent relégués dans les cloîtres, ou réservés dans le dix-huitième siècle

nos universités. Les rois de ce temps aimoient les savans, et couronnoient leurs travaux. En fait de littérature Orientale, nous sommes en Europe aussi ignorans à present que l'étoient alors dans le Grec les logiciens de l'Italie ; car, quoique nous ayons eu des hommes trés-versés dans les langues Asiatiques, l'étude n'en a jamais été générale. Nous osons prédire qu'elle ne le sera jamais à moins qu'il ne s'élève parmi

pour

adoptés. Cet Afrasiab fut long temps possesseur de l’Azarbigian, l'ancienne Médie : c'est pourquoi il est appellé Roi des Mèdes. Il étoit comme le disent les Grecs, l'aïeul de Cofrev ou Cyrus.

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nos souverains un Leon X. ou un Laurent de Medicis.

Princes de l'Europe, qui préférez les nobles accens de la vérité, à l'hommage servile de l'adulation, écoutez les avis d'un homme libre qui s'intéresse à votre gloire, mais qui ne délire pas votre protection. Encouragez l'étude des langues Asiatiques; étalez devant tout le monde ces précieux trésors dont vous n'êtes que les dépositaires, et qui ne sont trésors que lorsqu'ils sont utiles; mettez au jour ces manuscrits admirables qui ornent vos cabinets fans enrichir votre esprit, comme les caractères Chinois sur les vases de porcelaine, dont nous admirons les belles nuances fans en pénétrer le sens. Ignorez-vous que l'or, les diamans, les talens, la vertu même, ne sont précieux qu'autant qu'ils sont répandus pour le bienêtre de nos semblables ? Elevez des colléges, des imprimeries ; n'épargnez pas les récompenses, les médailles, les lauriers; faites en sorte que les beaux jours des Médicis renaissent en ce siècle ; que vos cours foient les fanctuaires des Mirandoles, des Politiens, des Giraldes; ouvrez ainsi les sources cachées de l'érudition, et triomphez de l’Afie en la couronnant.

Grâces à nos belles et sages lois, ou plutóć à notre fainte religion qui en est la base, vous

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ne ferez jamais aussi despotiques que les rois de l’Orient * : plût au ciel que vous fussiez auffi généreux, aussi éclairés, aussi magnanimes. qu'eux; que, pénétrés d'une juste horreur contre ceux de vos ancêtres, qui ont été les fléaux de l'humanité, vous tâchaffiez d'en être la consolation et la gloire ; et, qu'en procurant le bonheur de vos sujets, dans lequel seul doit consister le vôtre, vous réparaffiez (s'il est possible) le malheur que vous avez de régner sur eux!

* Il ne faut pas croire, cependant, que les philosophes Orientaux foient de vils adulateurs. Ils se déchaînent dans leurs écrits contre l'injustice et la tyrannie. Un philosophe Arabe étoit à la cour d'un roi aussi injuste que despotique; ce roi, voulant l'insulter, affura qu'il y avoit dans les enfers un moulin pour moudre les têtes des favans; et demanda au philosophe si cela n'étoit pas vrai; celui-ci répondit, avec une fermeté digne des plus grands éloges, “Qur! cela est vrai; mais c'est le fang des tyrans

qui fait tourner ce moulin."

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A DESCRIPTION OF ASIA, ACCORDING TO THE ORIENTAL

GEOGRAPHERS.
II. A SHORT HISTORY OF PERSIA FROM THE EARLIEST

TIMES TO THE PRESENT CENTURY,

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