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EPIGRAPHES.

“O voi ch'avete gl' intelletti sani,

Mirate la Satira che s'asconde
Sotto l' velame di gli versi strani.”

DANTE.

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ridenda poemata malo Quam te, conspicuæ divina Philippica famæ."

JUVENAL, Sat. x.

INTRODUCTION.

ORSQUE je publiai, en

1852, un travail sur les poètes macaroniques, je

pensais que c'était alors, et je crois que c'est encore aujourd'hui, malgré les défauts de cet ouvrage que je reconnais sincèrement tout le premier, le recueil le plus complet sur un sujet qui, à différentes reprises, a attiré l'attention d'un grand nombre d'auteurs. *

* M. Charles Brunet, Manuel du Libraire, &c. dernière édition, tome 2ième, nière partie, page 572, me paraît avoir été trop sévère, et peut-être un peu injuste en qualifiant ce recueil d'incomplet et d'inexact. Quel est l'ouvrage bibliographique, sur une branche quelconque de la littérature, qui soit complet, et dans lequel il ne se trouve point d'inexactitudes ?

Depuis dix ans, les ventes publiques et les journaux consacrés à la Bibliographie ont jeté un nouveau jour sur plusieurs æuvres macaroniques peu ou point connues. Cette forme de la poésie, cultivée chez tous les peuples civilisés, présente de l'intérêt sous le rapport philologique et même philosophique, ainsi que Nodier l'a fait remarquer plus d'une fois, et elle a cela de particulier qu'elle est comprise par chacun fans qu'il soit besoin d'en faire une étude.

La dernière vente de livres de M. Libri, du 25 Juillet, 1862, a offert quelques opuscules macaroniques très

vendus littéralement au

rares

et

Ce n'est certes pas le Manuel lui-même, quelque savante et quelque remarquable que soit cette compilation. C'est précisément parceque j'apprécie à sa plus haute valeur le savoir et les vastes connaissances bibliographiques de M. Charles Brunet, que j'ai grand regret d'avoir encouru les reproches du maître, et que j'ai glissé ici ma modeste protestation.

poids de l'or.

Grâce à des amateurs obligeants qui ont bien voulu en mettre deux ou trois à ma disposition, j'ai eu l'idée de completter mon travail publié en 1852, et de présenter ainsi une collection formant une petite bibliothèque macaronique.

J'ai déjà parlé, dans l'introduction du premier volume du Macaronéana, de ce que possède en ce genre M. Van de Weyer, Ministre plénipotentiaire de Belgique en Angleterre. Avec la complaisance accoutumée de ce bibliophile aussi renommé par ses écrits spirituels que par son favoir, il a bien voulu me permettre d'ajouter le Thesaurus Proverbiorum de Bolla, aux pièces que je réimprime dans ce deuxième Macaronéana. Il est aussi de mon devoir, et j'ai grand plaisir à m'en acquitter ici, de témoigner toute ma gratitude à Monsieur Turner, membre des Philo

biblon de Londres, et lavant collecteur de raretés bibliographiques et littéraires, qui a bien voulu m’ouvrir sa bibliothèque, et m'aider de ses avis, pour me mettre à même de rendre mon recueil moins imparfait.

Ce travail sera divisé en six fections. La première s'occupera du poète Foffa et de son cuvre; la seconde, de Bartholomé Bolla et de ses proverbes ; la troisième, de Tifi Odassi; la quatrième, de Guarino Capella; la cinquième, de Jean Richard, auteur du Cagasanga; et la sixième comprendra quelques observations générales sur d'autres poèmes macaroniques peu connus, ainsi que de nombreux extraits de l'œuvre excessivement rare de Zanclaio.

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