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BULLETIN

DE LA SOCIÉTÉ

INDUSTRIELLE ET AGRICOLE

D'ANGERS

ET DU DÉPARTEMENT DE MAINE-ET-LOIRE

PROCES-VERBAUX DES SÈANCES

SÉANCE DU 26 JANVIER 1889

Présidence de M. A. BLAVIER, président

A deux heures et demie, M. le Président déclare la séance ouverte et donne la parole à M. le Secrétaire pour la lecture du procès-verbal de la précédente séance; il est adopté sans observation.

M. le Président invite M. Deperrière à donner lecture de la note analytique de la conférence de M. Grandeau sur la production du blé.

Ce travail de M. Deperrière, quicúral, l'explonet lu devant l'assemblée du Cor

mes

sur-Loire, résume les remarquables enseignements statistiques et culturaux de M. Grandeau sur la production actuelle du blé en France et sur les moyens d'en augmenter le rendement.

La conférence de M. Grandeau a d'ailleurs été distribuée, par les soins de la Société industrielle et agricole, sur la proposition de M. A. Bouchard, aux cultivateurs qui sont chargés des champs d'expériences concernant la production du blé, et également aux différents Comices agricoles du département. Les agriculteurs soucieus de leurs affaires pourront se convaincre de tout l'intérêt qu'il y a pour eux à se pénétrer des leçons pratiques que leur a enseignés M. Grandeau.

M. Jamin, trésorier, a rendu compte, conformément aux statuts de notre Compagnie, de la situation financière. Il conclut à une encaisse de 1,610 fr. 90 au 31 décembre.

Une Commission composée de trois membres, MM. Dauge, Couscher de Champfleury et Bodinier, est nommée pour présenter un rapport sur la situation financière de l'exercice 1888.

M. Bouchard donne lecture de son rapport sur le projet de M. Giffard d'installer au Jardin des Plantes d'Angers un Arboretum. M. Bouchard conclut à ce que la Société prenne sous son patronage le projet de M. Giffard et présente à l'assemblée le veu suivant :

Les membres de la Société industrielle et agricole d'Angers et du département de Maine-et-Loire, réunis ce jour, 29 décembre 1888, en assemblée générale, considérant que le projet de M. Giffard, membre titulaire, d'établir un arboretum dans le Jardin des Plantes d'Angers, a pour but de créer une École d'étude et d'observation des arbres, arbustes et arbrisseaux pouvant servir à la décoration des parcs et des jardins ;

Considérant que la mise à exécution de ce projet contribuera à l'embellissement d'une promenade publique, tout en

jeunes gens qui s'adonnent à la

oyen de se livrer à des études

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d'adaptation au sol et au climat de l'Anjou des espèces ou variétés arbustives les plus rares ou déjà connues ; que par conséquent il y a, dans l'établissement d'un arboretum à Angers, une question intéressant toutes les classes de la population et pouvant en outre entraîner un concours plus grand d'étrangers ;

Émet le veu que la Société industrielle et agricole prenne sous son patronage le projet de M. Giffard, et charge le Conseil d'administration de faire toutes diligences auprès de l'Administration municipale et de MM. les membres du Conseil de la cité, pour que le programme tracé par M. Giffard soit exécuté dans le plus bref délai.

L'assemblée adopte le veu présenté et décide qu'il sera transmis à M. le Maire d'Angers, pour être déposé sur le bureau du Conseil à l'une de ses prochaines séances.

M. Bouchard obtient ensuite la parole pour faire une communication sur la question du chanvre.

M. Bouchard estime que la culture du chanvre se trouve en ce moment en présence d'une situation complexe, qui résulte du mouvement économique social et industriel qui se manifeste non seulement en France mais dans tous les pays.

Sans aucun doute, la condition des agriculteurs de la vallée de la Loire est très difficile en ce moment, mais il ne faut pas perdre de vue que la situation des populations si laborieuses, si économes, et l'on peut ajouter si sobres entre toutes les autres, des rives de la Loire, ne saurait être séparée de la situation de l'industrie.

Les intérèls de l'industrie et de la culture des chenevières sont un. L'une et l'autre ont besoin d'être protégées, mais elles ne peuvent l'être séparément, sans quoi la protection accordée à l'une avant l'expiration des traités généraux de commerce serait onéreuse pour l'autre partie intéressée dans le débat.

Considérée au point de vie cultural, l'exploitation des terres à chanvre de Maine-et-Loire pourrait peutêtre supporter des améliorations économiques. Mais là encore, il ne faut pas perdre de vue l'émiettement parcellaire de la propriété, qui s'oppose souvent à l'emploi économique des instruments de traction. Il convient encore d'envisager que, bien que dès l'année 1840 les cultivatenrs de la vallée de la Loire protestassent contre l'introduction à Angers des chanvres russes, la culture des chenevières n'en est pas moins devenue par la suite et pendant une longue période si prospère, qu'elle a doublé d'étendue en même temps qu'elle faisait doubler, et au delà, la valeur du fonds et de la location du sol ; qu'il y a là de grands intérêts d'argent engagés, qui sont respectables à coup sûr, et que le seul moyen de les sauvegarder pourrait être la protection contre les produits naturels et ouvragés venant de l'étranger.

M. Bouchard termine en disant qu'en attendant le moment où la France aura recouvré sa liberté d'action vis-à-vis des nations voisines, le rôle qui lui apparaît utile serait que la Société industrielle et agricole provoquât dans la vallée la création de champs d'expériences qui auraient pour but de tendre à l'accroissement de la production.

M. de Capol demande ensuite la parole pour présenter quelques observations sur la question.

M. de Capol conclut également à la nécessité de mettre des cultivateurs à même d'augmenter le rendement des chenevières et d'améliorer la qualité du produit. Mais il est d'avis que la culture et l'industrie doivent se donner la main pour réclamer en même temps des droits devenus indispensables pour sauvegarder des intérêts nombreux et très respectables. .

La culture du chanvre est éminemment perfectible et M. de Capol émet le veu que la Société agricole et industrielle décide que la somme de 1,000 francs, qu'elle doit consacrer à des essais culturaux, soit attribuée à des essais de culture du chanvre.

M. Desportes (Baptiste), horticulteur, à Angers, présenté à la dernière séance, est admis comme membre de la Société.

M. Couchot (Fernand), propriétaire à Angers, présenté à la dernière séance, est admis comme membre de la Société.

M. Colin, propriétaire à Angers, présenté à la dernière séance, est admis comme membre de la Société.

M. Sémery (Charles), avocat à Angers, présenté à la dernière séance, est admis comme membre de la Société.

M. Lair, propriétaire à Angers, est présenté par MM. Blavier et Deperrière.

M. Francois (Daniel), expert, est présenté par MM. Blavier et Deperrière.

L'ordre du jour est épuisé, la séance est levée à quatre heures et demie.

SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1889

Présidence de M. DEPERRIÈRE, vice-président

La séance est ouverte à deux heures et demie.

Lecture du procès-verbal est donnée par M. le ViceSecrétaire ; il est adopté.

M. Killian demande à faire quelques observations concernant le procès-verbal. Le projet de M. Giffard a déjà été présenté à la Société d'horticulture d'Angers, qui n'y a pas donné une suite immédiate, parce que celte Société attend que l'Administration municipale ait. décidé des modifications, qui sont à apporter au Jardin des Plantes. Il lui semble que la Société agricole et industrielle, en appuyant le projet d'arboretum de

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