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l'ordinaire et fumées avec les fumiers de vos étables, des applications d'engrais à la demi-dose seulement.

3. Nous observons que de toutes les substances employées , c'est le nitrate de soude qui a produit l'effet le plus saisissant, bien que nous constations des insuccés sur deux parcelles, insuccès dont les causes nous échappent, mais qui pourraient peut-être être imputés à l'excès dans les doses appliquées, car ils correspondent à deux applications à la dose entière de 3 kil. par are.

4° Nous constatons que l'effet produit par le nitrate de soude est augmenté quand on lui adjoint le chlorure de potassium et le phosphate acide de chaux, dont la présence , en ce qui concerne ce dernier, coïncide toujours avec une augmentation dans le poids du grain.

50 Nous voyons, par les résultats obtenus, que nos terres, ordinairement traitées à la chaux des fours de Chalonnes et de Montjean, ne paraissent pas avoir besoin d'un apport de sulfate de chaux.

6° Nous enregistrons, comme fait acquis, et comme résultat de nos recherches par la voie expérimentale, que dans le champ de maître Dupé, les éléments manquant le plus à une culture de froment, sont l'azote d'abord, puis l'acide phosphorique et enfin la potasse.

Nous ne saurions trop vous engager à créer, chez vous, votre champ d'expérience, pour constater les éléments qui manquent le plus à votre sol. Cependant, si vous voulez vous contenter des recherches faites dans le champ de maitre Dupé, qui diffère peu de la moyenne de tous les champs environnants, nous vous engageons à faire usage, dans vos cultures de froment, de nitrate de soude qui vous donnera l'azote, de phosphate acide de chaux qui vous donnera l'acide phosphorique et aussi, pour faire pour le mieux, de chlorure de potassium qui vous donnera la potasse, aux demi-doses que nous avons essayées sous vos yeux et surtout, pour commencer et vous amener plus vite à la conviction, d'avoir recours à ces engrais par application en converlure au printemps, principalement sur ceux de vos blés qui seraient mal levés, d'aspect misérable, comme il arrive parfois quand les couvrailles se sont faites au milieu d'intempéries très

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fréquentes dans la saison où elles se font, ou à la suite d'hivers rigoureux, durs, qui ont fait souffrir les récoltes en terre.

Pour rendre notre travail plus facile à saisir, nous avons dressé le tableau suivant , qui contient l'ensemble de toutes les opérations, les observations faites et les résultats obtenus dans notre champ d'expérience, le tout établi pour un hectare, unité de surface généralement admise et adoptée.

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SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE ET AGRICOLE D'ANGERS

ET DU DÉPARTEMENT DE MAINE-ET-LOIRE

EXPOSÉ DE LA SITUATION FINANCIÈRE

L'an mil buit cent quatre-vingt huit, le 25 février, å deux heures, les membres de la commission nommée le 28 janvier dernier, à l'effet de vérifier les comptes de l'exercice financier 1887, se sont réunis et ont procédé à l'examen desdils comptes et pièces comptables y annexées.

Les recettes s'élèvent à la somme de. 6.026 fr. 40 et les dépenses à celle de......

3.959 25 d'où on excédent de recettes de..

2.067 fr. 15 à reporter à l'exercice 1888.

La commission a le regret de constater que 4 membres doivent encore les cotisalions de 1886 et de 1887 et que 36 doivent celle de 1887, soit une somme de 440 francs restant à encaisser.

Après minutieux contrôle des comptes, ils ont été reconnus parfaitement exacts; la commission en propose l'approbation à l'Assemblée générale et se plaît à reconnaître le zèle et le dévouement dont l'honorable trésorier, M. Jamin, fait preuve dans l'exercice de ses fonctions.

Angers, 25 février 1888.

CouschER DE CHAMPFLEURY.

G. BODINIER.

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La flore de l'Anjou est riche d'un grand nombre de plantes médicinales qui croissent spontanément dans les sables alluvionnaires de la vallée de la Loire, sur le terrain crétacé de l'arrondissement de Saumur et du Baugeois, sur les calcaires et les schistes de la vallée du Layon, et sur les sols gravitiques de l'arrondissement de Cholet.

Pendant un long temps, les espèces officinales furent seulement récoltées par les herboristes de profession et encore par la nombreuse cohorte de prétendus sorciers qui hantent les campagnes angevines et mettent à rançon leurs trop crédules habitants, même encore aujourd'hui, malgré la vulgarisation de l'instruction.

Le paysan de l'Anjou, malgré son intelligence native, sa defiance de ce qui est étranger à ses habitudes et au milieu dans lequel il est accoutumé de vivre est, par une singulière contradiction de son caractère, essentiellement porté vers toutes les pratiques surnaturelles. Il a, au

milieu de ses qualités, le grand défaut de croire aux prétendus sorciers et aux mauvais sorts. Les vaches manquent-elles de lait, les maladies épizootiques s'abattent-elles sur ses étables, on lui a jeté un mauvais sort et lui, si peu prodigue de son argent dans les choses ordinaires de la vie, n'hésitera pas à sacrifier tout travail et son argent pour se mettre à la recherche du sorcier fameux qui conjurera le mauvais sort qu'on a jeté sur sa maison, plutôt que de s'enquérir de la cause naturelle du mal.

1

C'est en 1842, qu’un homme de bien, Pierre-Aimé Godillon, natif de la commune de Saint-Lambert-duLattay, eut l'idée féconde de cultiver un groupe de plantes médicinales ; son but tout philanthropique était d'assurer du travail aux vieillards et aux femmes de la commune de Saint-Lambert-du-Lattay, dont les fils ou les époux étaient occupés à l'extraction de l'anthracite dans les mines et du calcaire marbre pour les fours à chaux de la commune de Beaulieu.

Pierre-Aimé Godillon revenait à son pays natal après une longue vie de labeurs passée à la tête d'une importante maison de commerce de Paris.

C'était à coup sûr une noble pensée à laquelle obéissait ce vétéran du commerce parisien : introduire dans son pays une culture toute nouvelle, occuper les femmes à la cueillette de la récolte, et les vieillards obligés de renoncer aux travaux usuels du pays à monder les plantes. L'un trouvait dans l'accomplissement de son cuvre la satisfaction que tout homme trouve à soulager son semblable, les autres rencontraient, dans l'exécution de leur tâche, des ressources destinées à augmenter le bien-être du foyer et à rendre moins lourdes les dernières années de la vie.

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