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cultivés en produits horticoles n'est pas supérieur à celui de nos vigoobles, et que l'industrie viticole ne peut être sacrifiée à la première , d'autant plus que l'Anjou marchant résolûment dans la production des vins de grande consommation, le nombre d'hectares cultivés tend à s'accroître. C'est ainsi que, dans la commune de SaintBarthélemy, si on a arraché 10 hectares de vieilles vignes alteintes, on a replanté au moins 11 hectares en Gamay rouge.

La suite de cette discussion est remise à la prochaine séance, pour être suivie en présence du délégué phylloxérique, M. Bouchard, qui pourra élucider ces questions qui touchent à son service départemental.

M de Capol appelle l'attention de la Société Industrielle sur un nouveau mode de culture de la vigne par M. Desbois, de Maysieux (Isère).

Des renseignements qu'il a obtenus il résulte que, par un système de taille particulière, imitée du système Guyot, par une régénération de la sève, par l'emploi d'engrais spéciaux et surtout phosphatés, et par l'addition de 2 grammes ș de phosphore au pied de chaque vigne, M. Desbois a obtenu des résultats remarquables, sur lesquels il appellera l'attention de la Société Agricole et Industrielle, réservant son appréciation sur l'action problématique de l'insecticide inconnu qui accompagne ce procédé.

M. Deperrière croit que ces moyens naturels de se défendre sont à étudier de très près ; il a obtenu des résultats remarquables par un procédé de culture, tenant un peu du provignage, et a pu donner une nouvelle vigueur à son vignoble; le procédé indiqué par M. Deperrière n'est pas pouveau, M. Giffard l'a signalé depuis longtemps à la Société Industrielle dans un travail qui figure dans ses annales. Il serait à désirer qu'on essayât de nouveau ce système dans les vignes atteintes.

M. Deperrière fait remarquer que s'il est juste de chercher des perfectionnements aux procédés de défense, il est souvent préférable de n'employer que des moyens simples ; dans un de ses vignobles, il a obtenu des résultats sérieux contre le mildiou, en badigeonnant les murs

de clôture au moyen de chaux sulfatée. M. Jamin a réussi à protéger quelques vignes au moyen de pieux sulfates, comme le faisait M. Perrey qui a trouvé, ainsi faisant, un moyen de défense si efficace. Quoi qu'il en soit, chacun reconnait aujourd'hui que la bouillie bordelaise à la dose de 2 kilog. de sulfate de cuivre et de 500 gr. de chaux, est le meilleur des préservatifs.

M. le comte d'Aviau de Piolant est présenté par MM. Blavier et E. Cesbron-Lavau.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à quatre heures et demie.

SÉANCE DU 24 NOVEMBRE

Présidence de M. DEPERRIÈRE, vice-président

La séance est ouverte à deux heures et demie.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

M. le Vice-Président donne lecture d'une lettre de M. le Président de l'Académie d'Angers, invitant la Société agricole et industrielle d'Angers et de Maine-et-Loire à prendre part à la séance qu'elle doit donner, pour fêter le centenaire de sa fondation. Une lettre de remerciements sera adressé à M. le Président de l'Académie d'Angers.

Parmi les brochures, dont hommage a été fait à la Socié!é agricole et industrielle, figure un travail sur les moyens de préserver les ouvriers des accidents du travail, publié par l'Association des industriels de France. Un rapport sera fait sur cette brochure par M. Dauge, membre titulaire,

M. le Ministre appelle l'attention des cultivateurs et des sociétés agricoles sur la nécessité d'étudier, dans des champs d'expérimentation, les qualités des diverses semences employées en agriculture, et sur le choix qu'il convient d'en faire, selon chaque localité. Déjà, la Société agricole et industrielle a répondu à cet appel en compre

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nant dans ses expériences culturales de cette année une étude comparative entre les blés du pays et le blé de Bordeaux, qui lui a été fourni par un de ses membres, M. le baron Le Guay.

M. de Capol fait remarquer, à ce sujet, que tous les Comices du déparlement et la Société industrielle et agricole devraient faire comprendre aux cultivateurs du pays quels bénéfices et quels avantages ils pourraient obtenir en s'ingéniant à créer, dans chaque canton et dans chaque localité, des races de semence, spéciales au sol et au climat du pays. Les systèmes de sélection employés par M. le major Hallett, par M. Vilmorin, par M. Desprez de Templeuve, par Decoonynck d'Arras, par Denaiffe, sont aujourd'hui connus et sont d'un emploi des plus faciles Aujourd'hui, les maisons qui s'occupent de faire des semences et des graines de choix vendent le blé pour semence, par exemple de 70 francs (Hallell) à 32 francs, prix très avantageux en comparaison de ceux des blés ordinaires. Celle industrie agricole est donc à créer en Maine-et-Loire ; elle sera une source considérable de bénéfices à cette époque où ils manquent dans toutes les cultures. Les acheteurs trouveront un grand avantage à se procurer, sur place, des blés prolifiques, acclimátés et pour le climat et pour le sol.

M. Deperrière, vice-président , lit un rapport adressé à M. le Ministre de l'Agriculture, pour répondre à sa demande de renseignements circonslunciés sur les travaux du Syndicat anti pbylloxérique du canton de SaintGeorges-sur-Loire.

Dans ce rapport il est fait mention :

1° D'une tentative d'application, par le Syndicat, du procédé Balbiani, tentative faite, une fois, sur plusieurs vignobles syndiqués de la commune de Savernières, et qui ne fut pas renouvelée, à cause notamment de la difficulté d'application de ce procédé, qui laisse toujours subsister un doute sur son efficacité, quand on songe qu'il se peut qu'un seul point échappé au badigeonuage, sur un seul cep, laisse des aufs d'hiver épargnés qui donneront naissance à des colonies de phylloxeras, malgré le traitement;

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29 Des traitements entrepris contre le mildew avec l'eau céleste, traitements qui ont donné, en 1888, des résultats d'une efficacité douleuse et d'un procédé tenté par un membre du Syndicat, qui a préservé du mildew une culture de vignes faile sur des murs d'une longueur de plus de 150 mètres, en badigeonnant les murs avec un lait de chaux additionné d'une solution de sulfate de cuivre au 1/10 en poids, et pratiquant ensuite, durant l'été, deux traitements à l'eau céleste;

30 De la présence de Brown Rot, reconnu pour la première fois sur quelques grains de raisins en 1888;

4° De l'ordre de receptivité du mildew et de son intensité sur les différents cépages;

5° Des époques auxquelles doivent se pratiquer les traitements contre le mildew et notamment le premier traitement qui ne doit pas, suivant l'opinion des membres du Bureau du Syndicat, avoir lieu avant le 1er juillet;

6° De la situation du vignoble syndiqué au point de vie du phylloxéra ; du traitement d'une parcelle de 23 ares 3 centiares, contenant 4,447 ceps. par le sulfocarbonate de potassium, et du prix de revient de ce traitement qui s'est élevé à la somme de 120 fr. 55, pour les 23 ares 3 centiares, soit 551 fr. 70 à l'hectare.

Le rapport se termine par un exposé des sentiments des associés, en ce qui concerne la campagne prochaine.

Il est probable que le Syndicat ne se reconstituera pas avec son bul de défense des vignes indigènes contre le phylloxéra ; le Bureau proposera une transformation de l'association de défense en un Syndicat d'études et de propagation des vignes américaines, avec celle condition spéciale que les mesures les plus attentives seront prises, pour éviter l'introduction, dans le canton, d'aucun cépage phylloxéré.

A la suite de celle intéressante communication, M. Urseau fait remarquer que, dans diverses communes du département et, à Angers même, de nombreuses pétitions se signent réclamant, d'urgence, l'autorisation de l'introduction, dans le département, de plants américains, provenant de dépurlements phylloserés. Il lui

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semble que la Société Industrielle et Agricole, qui possède, parmi ses membres, plusieurs viticulteurs imporlants, tous partisans de cette introduction, devrait prendre la tête de ce mouvement, et non pas paraitre céder à la pression de l'opinion publique. Du reste, M. le président Blavier, comme tous ceux qui ont été visiter ces plantations américaines dans les départements envahis, sont aujourd'hui convaincus que li est le sulut, et pas ailleurs. W. Crseau propose donc que la Société convoque tous les membres de la Société (avant la prochaine réunion du Conseil général). Cette réunion aura, comme but unique, d'étudier cette grave question et d'émettre, s'il y a lieu, un veu à soumettre à l'administration et, s'il le faut, d'aller jusqu'au ministre lui-même.

M. Deperrière fait remarquer que si le Conseil général a jusqu'à présent résisté, c'est qu'il craint qu'un engonement trop précipité n'entraîne nos viticulteurs à apporter, dans le département, des plants plus ou moins authentiques, pouvant plus ou moins s'adapter à notre climat, à notre sol, et que l'arrivée de ces plants américains ne fera qu'aggraver une situation déjà trop compromise, en répandant, de tous côtés, le mal encore localisé, relativement. En agissant ainsi, le Conseil général calme les plus ardents, permet l'élude approfondie de l'adaptation et du greffage, et pense éviter bien des ruines.

M. Urseau fait remarquer que les intéressés, dans celte question, sont seuls juges de ce qu'ils ont à faire et n'ont aucune leçon à recevoir des membres du Conseil général, dont la compétence est plus ou moins justifiée. Chacun a le droit, à ses risques et périls, de sauvegarder ses intérêts, et l'administration ne peut résister aux veux et aux pélitions d'intéressés qui jugent le moment arrivé de planter des vignes américaines.

M. Deperrière répond que, tout en prévoyant qu'un jour il sera indispensable de demander cette autorisation, il n'y donnera son assentiment que quand il lui sera prouvé que le nombre d'hectares contaminés dépasse de beaucoup celui des hectares encore indemnes. Une enquête se fait, en ce moment; son résultat modifiera, peut-être, son opinion.

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