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des suifs, des peaux, des cornes, des abats rouges, d'une part; d'autre part, les exigences des consommateurs qui ne veulent plus que des morceaux de choix et qui obligent les bouchers à surélever le prix de ces derniers morceaux, puisqu'ils doivent vendre au prix de revient, et même en dessous, les morceaux de seconde qualité, sont les causes principales du haut prix de la viande. La cherté des loyers, i'augmentation des impôts et des salaires, viennent aggraver cette situation et rompre l'équilibre.

Ń. de Capol est persuadé que l'avenir appartient aux grandes affaires, aux grandes industries, aux grands magasins ; il croit que le haut prix de la viande tient, en partie, au nombre considérable de boucheries qui se sont installées de tous côtés.

Il propose donc aux éleveurs de l'Anjou de créer à Angers une grande boucherie coopérative dont ils seraient les actionnaires. Des obligations seraient réservées aux consommateurs qui, de ce fait, intéressés au succès de la boucherie, demeureraient de fidèles clients et auraient leur capital garanti.

Il serait facile aux organisateurs de cette boucherie de s'assurer le concours de nombreux ouvriers de la ville d'Angers et celui d'établissements publics, civils ou militaires, intéressés à payer la viande à un prix peu élevé.

Une organisation est toute prête à fonctionner; on s'est assuré le concours d'un gérant actif et honnête qui peut mettre un certain capital dans l'affaire. Les statuts sont prêts à être rédigés définitivement; il est rationnel que les principaux intéressés concourent à leur rédaction et donnent leur avis. Toutes les combinaisons ont été prévues pour éviter les vols, les fraudes, pour opérer fructueusement le classement des qualités de viande et empêcher l'entente entre les bouchers et les cuisinières.

La parole est maintenant aux éleveurs.

M. de Capol sollicite le concours, non seulement de tous les consommateurs qui désirent faire des économies, mais de tous les éleveurs du département qui, se plaignant, avec juste raison, du prix si bas de la vente sur pied des animaux de leurs étables, devraient saisir cette occasion de prendre, pour eux, une part des bénéfices incontestables, mais non extraordinaires, que font, en tous lemps, les bouchers.

M. de Capol est prié de faire, sur son travail, un mémoire qui sera mis dans nos bulletins.

La lecture du travail de M. Bouchard, sur la situation de l'agriculture en Anjou, avant la Révolution, est remise à la prochaine séance.

M. de Boischevalier, ingénieur, est présenté par MM. de Mieulle et Blavier.

M. Turpault, conseiller d'arrondissement de l'arrondissement de Cholet, est présenté par MM. Blavier et Deperrière.

La séance est levée à quatre heures et demie.

SÉANCE DU 25 AOUT

Présidence de M. le Sénateur A. BLAVIER, président.

A deux heures et demie, M. le Président donne la parole à M. le Secrétaire pour la lecture du procèsverbal de la précédente séance.

Le procès-verbal est lu, et adopté sans observation. M. le Président lit la lettre suivante qu'il a reçue :

MONSIEUR LE PRÉSIDENT, « La Société des Architectes de l'Anjou a l'honneur de vous adresser son Annuaire. Elle vous serait reconnaissante de vouloir bien, en échange, lui adresser quelquesunes de vos publications. « Le président, Le vice-président, Le secrétaire, « BEIGNET.

LUSSON.

Dubos. »

La Société Industrielle remercie la Société des Architectes de l'Anjou de sa lettre et de son envoi, admet ladite Société au nombre des Sociétés correspondantes, et décide que son Bulletin lui sera régulièrement adressé à l'avenir.

M. le Président lit un prospectus, concernant un nouveau moyen de destruction du phylloxéra et généralement de tous les insectes, par l'emploi d'une substance composée de poudrette riche en phosphates solubles et d'un sulphophénate calcique. Cette substance est connue sous le nom de bromine.

Plusieurs membres déclarent avoir connaissance d'essais infructueux de la bromine, contre le ver blanc.

Un rapport signé E. Petit, conseiller général et maire de Pont-sur-Yonne, est tellement favorable à la bromine qu'il y aurait peut-être lieu de tenter de nouveaux essais.

M. Guiltet, membre de la Société, donne lecture d'on décret de M. le Président de la République, en date du 28 juillet dernier, ainsi conçu :

ART. 1'. — Sont ajoutés, à la nomenclature des maladies des animaux qui sont réputées contagieuses et qui donnent lieu à l'application des dispositions de la loi du 21 juillet 1881 :

Le charbon symptomatique ou umphysemateur et la tuberculose dans l'espèce bovine.

Le rouget et la pneumo-entérite infectieuse dans l'espèce porcine.

ART. 2. — M. le Ministre de l'Agriculture est chargé de l'exécution du présent décret qui sera inséré au Bulletin des Lois.

Fait à Paris, le 28 juillet 1888.
Par le Président de la République,

CARNOT.
Le Ministre de l'Agriculture,

VIETTE.

Le décret est suivi d'un arrêté de M. le Ministre à la même date du 28 juillet 1888.

Ainsi qu'il est dit au Recueil des Actes administratifs, publié par la Préfecture de Maine-et-Loire, no 33, année 1888, « ce décret du 28 juillet 1888 a pour effet de rendreimmédiatement applicables, en ce qui concerne les maladies, les dispositions générales de la loi du 21 juillet 1881, obligation de déclaration des animaux malades ou suspects, et d'isolement de ces animaux avant même que l'autorité ait répondu à l'avertissement (art. 3 de la loi); devoir du maire de veiller à l'accomplissement de cette prescription et de requérir le vétérinaire sanitaire dès qu'un cas de maladie lui est signalé (art. 4); interdiction de traitement par lous autres que les vétérinaires (art. 12); interdiction de vente ou de mise en vente des animaux atteints ou soupçonnés d'être atteints de la maladie (art. 13); interdiction de livrer à la consommation la chair des animaux morts de l'une de ces affections (art. 14). En outre, ce décret rend les contrevenants passibles de pénalités prévues aux art. 30 et suivants ».

M. le Président remercie M. Guiltet de cette communication qui vient à point, après le travail très intéressant qu'il a lui-même fait récemment et lu à la Société, sur une épidémie de rouget du porc en Maine-et-Loire.

M. Deperrière, vice-président, donne lecture des võux du Conseil d'arrondissement d'Angers, concernant la situation phylloxérique en Maine-et-Loire.

Ces veux sont les suivants :

1° L'envoi, par M. le Ministre de l'agriculture, d'un délégué chargé de visiter le département au point de vue de ses différents sols et des cépages américains qui devraient le mieux s'y adapler, serait sollicité de la bienveillance de M. le Ministre, et M. Viala, professeur à l'Ecole de Montpellier, récemment de retour d'un voyage d'études et de recherches relatives à la vigne américaine en Amérique, serait chargé de cette mission.

2° La formation de syndicats, donnant toutes garanties contre l'introduction dans le département de cépages phylloxérés, pour l'étude et la propagation des cépages américains dans tous les sols de l'Anjou, serait encouragée par lous les moyens à la disposition du Conseil général et de l'administration, surtout dans les cantons pbylloxérés.

3. Conformément à la voie suivie jusqu'à ce jour, tous encouragements, à la disposition du Conseil général et de l'administration, seraient accordés aux particuliers ou aux associations poursuivant la défense des cépages propres à l'Anjou.

4° Les études d'hybridation des cépages angevins avec les cépages américains, entreprises dans le département par l'initiative privée, recevraient des encouragements, et le moyen de faire suivre ces mêmes études par les établissements horticoles ou viticoles subventionnés par le Conseil général, serait étudié.

Une conversation s'engage, entre M. Giffard et plusieurs membres de la Société, au sujet de la vigne américaine, sur la loi qui autorise la libre circulation des plants de Toutes les espèces, pourvu qu'ils proviennent de pays non phylloxérés. M. Giffard se montre partisan de la libre circulation des plants américains, il trouve des contradicteurs. M. Blavier, président, signale des greffes d'Aunis et de Gamay faites chez lui sur Ripuria et Jacquez, et qui ont bien réussi.

M. Giffard demande si les propriétaires dont les vignes sont atteintes par le phylloxéra ont le droit de demander le dégrèvement de l'impôt, afférent à leurs vignes atteintes.

M. Blavier répond que non, que les plantations nouvelles peuvent seules obtenir la faveur d'un dégrèvement temporaire, mais que le propriétaire de vignes atleintes peut solliciter l'application, à son vignoble, d'un traitement en participation.

M. Giffard dit avoir suivi cette voie, que le traitement pratiqué chez lui en participation a été sans effet ; il ne lui reste donc plus rien à faire, si ce n'est à tenter des engrais avec lesquels , dit-il, il a d'ailleurs obtenu des résultats utiles appréciables.

MM. Blavier et Jamin disent que la densité phylloxérique leur paraît beaucoup moindre celle année que les années précédentes.

M. Deperrière dit qu'il a constaté dans le canton de Saint-Georges-sur-Loire, en terrains secs et pierreux, une densité excessive sur certains ceps, dont les racines

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