Page images
PDF
EPUB

raine ; c'est ce qui a été constaté récemment pour le Vésuve et l'Etna à la suite du tremblement de terre du 23 février.

Ce qui m'encourage à soumettre au bienveillant examen de l'Académie des sciences cette explication des récents tremblements de terre de notre région, c'est qu'elle peut s'appliquer au dernier mouvement sismique important ayant ébranlé en 1755 le sol de l'Europe méridionale, d'après certaines circonstances tout à fait caractéristiques qui ont accompagné la destruction de Lisbonne.

Il résulte en effet d'un document authentique, qui m'a été communiqué, que ce tremblement de terre avait été précédé d'un phénomène qui lui parait à priori bien étranger et qui au contraire, selon moi, s'y rattache intimement par les raisons développées ci-dessus.

Dans le journal d'un avocat au Parlement de Poitiers, M. Gourraud de la Proustière, se trouve la mention suivante :

« En 1741 il ne se prit aux Sables-d'Olonne ni ailleurs aucune sardine, ce qu'on dit n'avoir été jamais vu de mémoire d'homme. >>

Ainsi dans les années qui ont précédé le tremblement de terre de Lisbonne, comme dans celles qui ont précédé les récents tremblements de terre de 1884 et 1887, la sardine avait partiellement ou totalement abandonné les côtes océaniennes de France.

Or ce fait constaté avant 1755, comme à l'époque actuelle, peut s'expliquer, ainsi que je l'ai établi dans ma note du 20 mars 1882, par une modification radicale survenue dans le cours du Gulf-Stream.

Celle modification elle-même, qui consiste dans la suppression de la branche du courant d'eau chaude venant baigner nos côtes, doit être attribuée à l'obstruction du détroit de Davis par la banquise et à l'accumulation exceptionnelle des glaces dans la région polaire située au nord de l'Atlantique ; et cette accumulation est pour moi la cause du tremblement de terre de 1755; la même cause devant produire les mêmes effets à celle date qu'en 1884 et 1887.

Une coïncidence semblable, qui ne paraît pas être fortuite, car je ne retrouve pas d'autre trace de la disparition de la sardine sur nos côtes océaniennes, dans la période plus que séculaire qui s'est écoulée entre les derniers mouvements sismiques considérables ressentis en Europe, me paraît digne de fixer l'attention.

Je ne pnis m'empêcher de faire remarquer comme conclusion de cette note, qu'une des plus fàcheuses confirmations de l'explication que je propose, serait le renouvellement, à des intervalles de temps plus ou moins rapprochés et en des points divers de la zone menacée que j'ai définie, d'explosions souterraines comme celles qui récemment ont causé tant de désastres en Espagne, en Italie et au midi de la France ; car ces explosions pourront se reproduire jusqu'au moment où la région polaire nous avoisinant, sera débarrassée du glacier accidentel qui doit la surcharger en ce moment.

J'ajoute enfin, qu'en admettant le bien fondé de cette explication, la réapparition régulière des bancs de sardines sur nos côtes océaniennes devrait être considérée comme le signal de la terminaison d'une période sismique aussi redoutable, puisqu'elle annoncerait le retour du Gulf-Stream, conséquence forcée de la débâcle du glacier polaire, sur la formation duquel repose toute ma théorie et dont l'existence pourrait être vérifiée directement par des explorations scientifiques de la région Groënlandaise.

LE MILDIOU

Par M. G. DE CAPOL, vice-secrétaire.

Importance générale des traitements aux

Sels de cuivre. Quel est l'agent actif des remèdes employés.

I

Dans le cours de cette année, nous avons, à trois reprises différentes, entretenu les membres de la Société agricole et industrielle - peut-être un peu longuement - du Mildiou, décrit celle maladie, et les divers systèmes préventifs et curatifs employés pour la combattre.

Nous allons résumer, en quelques pages, les faits principaux que nous avons signalés à nos collègues. Nous croyons que cette étude, que nous rendrons aussi pratique que possible, intéressera nos lecteurs. — Elle est digne de toute leur attention, parce que, non seulement les sels de cuivre sont, aujourd'hui, universellement reconnus comme d'un emploi très efficace contre le Mildiou, mais encore parce qu'on les emploie contre la maladie des pommes de terre. et celle des tomates

Dernièrement M. Prilleux a, d'après les expériences de M. Jules Ricaut, préconisé l'emploi de ces sels contre la tavelure des poires, maladie produite par un champignon : le Fusisporium pyrinium.

Depuis l'emploi des remèdes à base de cuivre contre le Mildiou et l'Antrachnose, le docteur Menudier, dans la Charente-Inférieure, a remarqué la disparition de la pyrale, de l'eumolpe ou écrivain, de l'orbec ou cigarier; le nombre des escargots a diminué également dans une grande proportion.

M. Frécheou s'est assuré que la germination des germes du Phoma uvicola ou Black-Rot, était empêchée par les scls de cuivre.

Enfin, la Sléatile cuivrique de M. le baron de Chefdebien, produirait des effets remarquables contre le Mildiou et l'Oidium, ainsi que contre l'Antrachnose lorsque cette maladie est déclarée, c'est-à-dire bien accusée sur le végétal;

M. d'Andogne de Sériège a constaté ce dernier résultat, et a également remarqué que cette poudre atténuait considérablement la pourriture du raisin.

Les sels de cuivre sont donc des remèdes anti-cryptogamiques très énergiques : leur emploi a conduit à un résultat inattendu : celui de l'emploi des pulvérisaleurs et de liquides spéciaux, pour le traitement simultané et très économique de l'Oïdium et du Mildiou.- Quelques détails à ce sujet seront, sans doute, les bienvenus.

[ocr errors]

L'étude des moyens inventés pour combatire le Mildiou est donc, à ces divers titres, des plus intéressantes. La partie mécanique des traitements est aujourd'hui parfaitement étudiée et résolue.

Nous avons mis, sous les yeux des membres de la Société agricole et industrielle, des appareils nombreux, que nous avons fait venir de tous les coins de la France: Les appareils Vigouroux et Jappy ont enlevé tous les suffrages.

Depuis le jour de cette Exposition d'appareils pulvérisateurs, nons avons signalé à MM. Jappy frères, de Beaucourt, des perfectionnements importants à apporter à leurs appareils.

Notre idée a été réalisée ; et, anjourd'hui, le pulvérisateur Jappy est assurément l'appareil le plus recommandable.

La partie chimique du traitement n'est pas encore complètement étudiée.

Des doses infiniment petites de cuivre empêchent les spores du Mildiou de végéter ; des quantités un peu fortes brûlent les feuilles, et provoquent des dégâts (moins terribles que ceux du Mildiou, il est vrai), mais qu'il fant et qu'on peut éviter. – Nous avons essayé de résoudre ces questions.

C'est à la chimie qu'il appartient de préciser les doses du médicament, et de formuler une bonne ordonnance pour ne pas tuer le malade, et pour le guérir.

III

Notre intention n'est pas de décrire la maladie, les conditions climatériques qui sont favorables ou non à son extension, les nombreux essais exécutés par divers savants et praticiens, pour la combattre. – Nous nous bornerons à résumer les résultats acquis. Nous laisserons, à ceux que cette question intéresse, le soin de rechercher, dans les ouvrages de M. Millardet et de M. Vialla tous ces renseignements, les modes de prépa

« PreviousContinue »